Les urologues américains peu disciplinés
D'après un article paraissant dans le numéro de février du Journal of Urology, il y aurait une surconsommation d'antibiotiques après des interventions urologiques classiques. Les urologues de l'université de Washington à Seattle mettent en évidence un manque de compliance par rapport aux recommandations de bonne pratique de l'association américaine d'urologie (AUA)
L'étude américaine a examiné une base de données comportant une série d'interventions urologiques classiques comportant notamment les prostatectomies radicales, les néphrectomies partielles ou totales, les cystectomies radicales, les urétéroscopies, les lithotripsies, les résections transuréthrales de la prostate ou de la vessie, les néphrolithotomies par voie percutanée, la chirurgie transvaginale, les prothèses péniennes gonflables, la brachythérapie et les cystoscopies. Pour toutes ces interventions la prescription d'antibiotiques a été évaluée ainsi que leur classe et la durée d'administration. La compliance était évaluée sur base des recommandations de bonne pratique de l'AUA en matière de classe et de durée de l'antibiothérapie.
Trop de variations, trop peu de compliance
L'analyse montre un taux global de compliance de 53% avec des variation assez importantes (0.6% pour les cystectomies radicales et 97% pour les lithotripsies). L'utilisation d'antibiotiques était en ligne avec les recommandations de l'AUA dans 67% (variant de 34% à 80%) pour ce qui est de la classe utilisée et de 78% pour ce qui est de la durée (variations de 1.2% à 98%). La durée moyenne de la prophylaxie pour les interventions où elle est recommandée variait de 1 jour après une brachythérapie à 10 jours après une cystectomie radicale. Le taux de compliance s'est amélioré entre 2007 (46% de compliance globale) et 2012 (59% de compliance globale).
Comprendre la raison des variations
Les auteurs soulignent les grandes variations observées quant à la prophylaxie bactérienne après des interventions urologiques. La compliance par rapport aux recommandations de l'AUA s'est améliorée mais elle reste en dessous de 60%. Selon eux, il est important de comprendre la raison de telles variations pour permettre d'améliorer la compliance et les résultats cliniques.