Epilepsie focale : dans les mains des chirurgiens
L'intérêt de la chirurgie n'est plus à démontrer dans la prise en charge de l'épilepsie ne répondant pas à au moins deux traitements médicaux. Néanmoins, on ne sait toujours pas à qui elle profite effectivement le plus...
L'objectif des auteurs était donc de revoir l'ensemble des articles publiés à ce sujet afin de mieux cerner les patients à qui elle pourrait s'adresser plus efficacement. Le but était également de comprendre les raisons d'un certain nombre de freins qui font que ce type d'interventions n'est parfois pas accepté.
Ils ont donc passé en revue tous les travaux publiés dans Medline et dans Cochrane entre 1993 et 2014. Il s'agissait uniquement des études cliniques randomisées, des méta-analyses, des revues systématiques et des études cas-témoins de grande ampleur avec plus de 300 patients. En tout, 55 articles ont été inclus et les sous-populations ainsi que les facteurs pronostiques ont été inclus. Ils ont aussi pris en considération les aspects psychiatriques, cognitifs, psychosociaux et de qualité de vie.
Deux études cliniques randomisées ayant enrôlé 118 patients souffrant d'une épilepsie temporale ont démontré un plus haut taux de guérison avec la chirurgie que par un traitement médical continu : 58% versus 8% et 73% versus 0%, respectivement. Ces résultats sont confirmés par 9 revues systématiques et 2 séries de cas permettant d'obtenir une disparition complète de l'épilepsie pour 34 à 74% des patients, soit en moyenne dans 62,4% des cas. Les chercheurs ont aussi analysé les résultats par sous-population. Ils ont découvert que la chirurgie était moins efficace dans les populations présentant des lésions extratemporales ou avec une épilepsie non associée à une lésion structurelle, voire les deux. La sclérose hippocampique et des tumeurs bénignes sont associées à de meilleurs résultats.
Mieux qu'on ne croit...
Contrairement à ce que l'on pense, le taux de réussite de l'intervention chirurgicale est équivalent qu'il s'agisse d'enfants ou d'adultes. Des procédures similaires peuvent conduire à de subtiles différences neurocognitives ou dans les crises. Par ailleurs, l'intervention a été associée à une très faible mortalité périopératoire : 0,1 à 0,5%. La complication la plus fréquente est la perte d'un champ visuel suite à la résection d'un lobe temporal. Par ailleurs, la qualité de vie a été nettement améliorée après l'intervention, mais est la plus forte chez les patients complètement guéris, selon les auteurs. On s'en doutait, mais l'intérêt de l'article porte aussi sur la levée de certains freins relevant du mythe que l'adulte supporte moins bien que l'enfant ce type d'intervention ou de l'appréhension de réduire la qualité de vie des patients. Ce n'est manifestement pas le cas...