Autisme : faire confiance aux parents...
Selon des chercheurs britanniques, les marqueurs de risque pour l'autisme seraient déjà présents la première année de vie de l'enfant. Cela signifierait qu'une intervention précoce est possible...
Jonathan Green et ses collègues ont réalisé une étude contrôlée randomisée dont les évaluateurs ne savaient pas quel type d'intervention les familles avaient reçu. Ils ont sélectionné des familles présentant un haut risque d'avoir un enfant autiste ou présentant un trouble du spectre autistique. Les enfants concernés avaient entre 7 et 10 mois. L'étude s'est déroulée dans deux sites différents. Les chercheurs ont laissé à la moitié des familles une vidéo adaptée faisant la promotion d'une action parentale ; l'autre moitié n'a pas bénéficié de ce type d'interventions. L'objectif primaire était de mesurer l'attention que portait l'enfant à ses parents. L'analyse de régression a été effectuée en ITT.
En tout, 54 familles ont été sélectionnées entre 2011 et 2012: 28 ont été incluses dans le groupe " intervention ".
Le plus tôt possible...
Les résultats suggèrent que l'attention des enfants pour leurs parents a été augmentée de 29%, ce qui a inclus aussi la possibilité d'un effet négatif de l'intervention. Ceci signifie donc que l'intervention a probablement été plus positive que supposé. Les chercheurs ont aussi constaté que l'intervention a permis de réduire les comportements à risque autistique de 50% et a accru le non-autoritarisme parental de 81% et amélioré le retrait attentionnel de 48%. L'effet sur le langage pourrait être nul, voire négatif.
Les chercheurs interprètent leurs résultats comme positifs à travers un grand nombre de marqueurs de risques comportementaux et de développement. L'effort, somme toute modéré de la part des parents semble réduire le risque de développer un autisme ou un trouble du spectre autistique plus tard. Il s'agit donc de résultats encourageants qui devraient inciter au développement d'une meilleure prévention. Cependant, les chercheurs sont aussi conscients des limites de leur étude et demandent à ce que les résultats soient éprouvés dans de nouveaux travaux par d'autres équipes. Il faudrait en effet pouvoir qualifier et quantifier l'impact d'une telle observation.