Rhumatisme psoriasique: un nouveau traitement de fond
Un inhibiteur de la phosphodiestérase-4 fait maintenant partie des nouveaux traitements de fond dits " ciblés ". Une étude de phase III versus placebo montre une belle efficacité à 1 an selon le critère ACR20 dans un contexte de bonne tolérance avec peu d'arrêts de traitement.
Dans le rhumatisme psoriasique, l'attitude thérapeutique est un peu calquée sur celle de la polyarthrite rhumatoïde (PR) et de la spondylarthrite ankylosante en raison de la proximité des présentations cliniques. La prévalence est estimée à 0,1-1% dans la population générale et jusqu'à 40% chez les patients atteints d'un psoriasis cutané. Les lésions cutanées précèdent de quelques années l'atteinte articulaire. La prise en charge dépend de l'étendue des lésions cutanées et de la présentation ostéoarticulaire. On prescrit le plus souvent un AINS associé au méthotrexate, suivi par un anti-TNF alpha si nécessaire. Les stéroïdes en injection intra- ou péri-articulaire ou par voie systémique à faible dose sont une autre option. Les DMARDs comme le méthotrexate ou le léflunomide sont surtout utiles dans les atteintes périphériques. Parmi les nouveaux traitements, il faut citer les anticorps anti-IL-12 et IL-23 avec de bonnes réponses ACR20/50/70 dans l'étude PSUMMIT 1 avec notamment un effet favorable sur l'atteinte radiographique.
Un inhibiteur de la PDE4
Un inhibiteur de la phosphodiestérase-4 comme l'aprémilast agit au niveau intracellulaire contrairement au traitement biologique avec pour le même objectif d'inhiber la réponse inflammatoire. L'aprémilast a été testé sur 52 semaines1 chez 504 patients avec un rhumatisme psoriasique actif versus placebo, associé à un DMARD conventionnel dont le méthotrexate chez 50% des patients. On observe à 16 semaines déjà une différence significative en ACR20 entre les 2 groupes (19% sous placebo versus 31% pour 20 mg/2x/j). A 1 an, 63% et 54,6% des patients rencontrent le critère ACR20 aux doses respectives de 20 mg et 30 mg/2x/j. Les effets secondaires les plus fréquents sont des diarrhées et des nausées, limités dans le temps et gérables. Les arrêts de traitement sont rares. C'est une bonne option thérapeutique dans le contexte général de la prise en charge du rhumatisme psoriasique.