Ostéoporose chez l'homme: un anti-RANKL est aussi efficace
Près d'un homme sur quatre de plus de 50 ans présente des fractures reliées à une ostéoporose. La plupart des études cliniques publiées ont enrôlé des femmes en post-ménopause et peu de données sont disponibles sur l'effet des traitements chez l'homme. C'était l'objectif de cette étude qui a évalué le dénosumab utilisé dans l'ostéoporose post-ménopausique, chez des hommes de plus de 50 ans avec une densité minérale osseuse basse.
Quand on évoque l'ostéoporose, on pense surtout à la femme post-ménopausée, d'autant plus que la plupart des stratégies thérapeutiques lui sont consacrées. Or l'ostéoporose masculine n'est pas anecdotique, touchant 1 homme pour 4 femmes, ce qu'on a parfois tendance à oublier. Le dénosumab est un inhibiteur du ligand du RANK (Receptor Activator of Nuclear Factor-KB) qui empêche le développement et l'activation des ostéoclastes. Dans l'ostéoporose de la femme post-ménopausée, c'est un traitement de référence avec une augmentation de la DMO et une diminution de la résorption osseuse. Chez l'homme, il est surtout validé en cas de traitement par anti-androgène pour un cancer de la prostate où il augmente aussi la densité osseuse et réduit l'incidence des fractures vertébrales.
Efficace chez l'homme
Dans cette phase III1, 228 hommes ont été traités par dénosumab 60 mg SC chaque 6 mois versus placebo dans une première phase sur 12 mois suivie d'une extension en ouvert sur 12 mois supplémentaires. La densité minérale osseuse (DMO) s'accroît sur tous les sites (colonne lombaire 2,2%, hanche 0,9%, col fémoral 1,3%, etc.), avec un gain à 24 mois qui atteint, par rapport à la ligne de base, respectivement 8%, 3,4%, 4,6% (p < 0,01). Le cross-over à 12 mois confirme la persistance du gain de DMO. Des réductions significatives du marqueur C- télopeptide sont également observées. La conclusion des auteurs est que pour les hommes avec une DMO basse, le dénosumab sur 2 ans contribue à accroître la DMO, et réduit la résorption osseuse dans un contexte de bonne tolérance. Ce sont des effets comparables à ceux observés chez la femme ostéoporotique post-ménopausée et chez les hommes avec un cancer de la prostate traité par une déprivation androgénique.