Sida et comorbidités: prévenir la perte osseuse
L'infection par le VIH s'accompagne de multiples comorbidités dont des troubles osseux très fréquents. La prévention des fractures est un objectif majeur. Pour l'atteindre, une supplémentation en calcium et vitamine D à hautes doses dès la première année de l'instauration d'un ART est bénéfique.
Les patients infectés par le VIH vieillissent de plus en plus du fait de l'efficacité des traitements mais ils souffrent en contrepartie d'une présence plus importante de comorbidités. Au-delà de 60 ans, plus de 80% des patients ont des troubles métaboliques (dyslipidémie, obésité, diabète) mais aussi des troubles osseux. On observe plus spécifiquement des altérations de la microstructure osseuse trabéculaire et corticale chez des patients traités par une trithérapie conventionnelle, qui sont plus sévères que celles observées dans un groupe contrôle séronégatif d'âge équivalent, et ce même en l'absence d'ostéoporose.
Comment prévenir les fractures?
La prévention des fractures chez le patient VIH âgé est essentielle et pour ce faire, l'attitude est calquée sur celle qui prévaut dans la population générale VIH négative. Un traitement intensif par vitamine D et calcium a été évalué1 chez 165 patients (HIV-1 RNA: 4.5 log10 copies/mL, 25(OH) vitamine D: 23 ng/mL), traités en première ligne1 par une association de ténofovir, emtricitabine et éfavirenz, randomisés pour recevoir soit un placebo, soit une association de vitamine D3 (4.000 UI/j) + calcium 1g/j. Le critère principal de jugement est la variation de la densité minérale osseuse (DMO) à la hanche à la 48ème semaine. La réduction de la densité osseuse à la hanche est moindre sous supplémentation que sous placebo (1,46% versus 3,19%, p < 0,001). Au niveau vertébral, la tendance à une moindre réduction existe mais elle n'est pas significative (p = 0,085). On constate en parallèle une amélioration des marqueurs PN1P et CTX. La conclusion est qu'il faut proposer cette supplémentation pour son effet sur la perte osseuse associée au traitement ART chez le patient VIH positif. Des questions sont encore à résoudre concernant les doses à utiliser et la durée du traitement.