Hospitalisation pour pneumonie égale danger cardiovasculaire
Une étude d'Amérique du Nord met en évidence un risque accru d'événements cardiovasculaires (infarctus, AVC et décès coronaire) au décours d'une hospitalisation consécutive à une pneumonie communautaire.
Certaines études avaient déjà constaté un lien entre hospitalisation pour pneumonie et risque cardiovasculaire, mais il s'agissait le plus souvent de sujets ayant des antécédents d'atteinte cérébrale ou cardiaque. Dans ce travail, seules ont été retenues les observations de sujets hospitalisés pour pneumonie, présentant éventuellement les facteurs de risque cardiovasculaires classiques, mais n'ayant aucun antécédent d'accidents en la matière.
Les investigateurs ont analysé sur une durée de 10 ans les données de 3.813 personnes ayant été enrôlées dans 2 études menées en milieu communautaire. Il s'agissait d'une part de 1.271 patients qui avaient été hospitalisés pour pneumonie et de 2.542 sujets témoins appariés.
Dans la première étude (Cardiovascular Health Study), les participants étaient des seniors âgés de 65 ans et plus, dans la deuxième (Atherosclerosis Risk in Communities), ils avaient de 45 à 64 ans.
Les résultats montrent clairement que ces patients hospitalisés pour pneumonie présentent un niveau de risque d'événement cardiovasculaire plus élevé pendant toute la période de 10 ans et que ce risque est le plus important durant la première année qui suit l'hospitalisation.
Ainsi, pour les patients du groupe 65 ans et plus, le risque est multiplié par 4 endéans les 30 jours suivant l'hospitalisation et il est encore presque deux fois plus élevé lors de la dixième année post-hospitalisation.
Donnant un exemple concret, ils indiquent que pour une femme de 72 ans ayant deux facteurs de risque cardiovasculaire classiques (hypertension et tabagisme), une hospitalisation pour pneumonie fait passer son risque d'événements cardiovasculaires sur une période de 10 ans de 31% à 90%!
Pour le groupe de patients de 45 à 64 ans, le risque est plus élevé durant les deux premières années, puis n'est plus significativement élevé par la suite. Au sein de ce groupe, un patient hospitalisé pour pneumonie est 2,4 fois plus susceptible d'événements endéans les 90 jours de l'hospitalisation.
Sur cette base les investigateurs suggèrent de considérer une hospitalisation pour pneumonie comme un facteur de risque cardiovasculaire à part entière, et ils se penchent sur l'élucidation des mécanismes biologiques en cause dans cette augmentation du risque d'événements.