Nodule pulmonaire solitaire, bénin ou malin?
Et si un simple examen des expectorations pouvait contribuer à distinguer les lésions bénignes des cancers chez les porteurs de nodules pulmonaires. Voeu pieux? Pas si sûr... Un travail mené par une équipe de l'université du Maryland a permis d'identifier certains biomarqueurs prometteurs.
L'un des effets indésirables du dépistage du cancer du poumon par scanner à faible dose est la mise en évidence de nodules asymptomatiques dont la nature bénigne ou maligne est bien souvent difficile à déterminer sans avoir recours à la biopsie.
L'étude qui nous intéresse aujourd'hui s'inscrit dans la continuité des travaux d'une équipe ayant cherché à savoir si les gènes considérés comme activateurs tumoraux qui sont présents dans les cellules bronchiques sont également retrouvés dans les expectorations. Cette fois, les investigateurs ont initialement évalué par PCR quantitative l'expression de 13 micro ARN précédemment identifiés comme signature de cancer du poumon dans les expectorations de 122 sujets chez qui un scanner thoracique avait mis en évidence un nodule pulmonaire. Chez 60 de ces sujets, un diagnostic de cancer pulmonaire avait été porté par biopsie. Cette étape a permis de développer un panel de 3 micro ARN (miARN-21, miARN-31 et miARN-210) qui identifiait (sensibilité) ou réfutait (spécificité) avec exactitude le cancer dans respectivement 83% et 88% des cas.
Une validation a été effectuée sur 2 groupes indépendants de 136 et 155 patients ayant un nodule pulmonaire et a abouti à des résultats similaires.
Bien qu'extrêmement encourageants, ces résultats doivent encore être validés de façon prospective. Par ailleurs, les niveaux de sensibilité et de spécificité sont cependant encore insuffisants pour que l'on puisse se passer des techniques invasives pour affirmer ou exclure un diagnostic de cancer. L'équipe cherche donc à identifier d'autres candidats micro-ARN dans les expectorations qui seraient susceptibles de rejoindre le panel initial et amener à une efficience proche de 100% ce qui permettrait une large utilisation en clinique et contribuerait à diminuer les actes diagnostiques invasifs, tout en augmentant la détection précoce des cancers pulmonaires.
Bonne chance...