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Les effets permanents de l'hypercorticisme sur le cerveau

Parmi les plaintes à long terme après un traitement fructueux de la maladie de Cushing, citons une diminution de la qualité de vie, une prévalence plus élevée de psychopathologies et des troubles cognitifs. Grâce aux toutes nouvelles techniques d'IRM, des chercheurs ont essayé de mieux comprendre les effets de l'hypercorticisme sur le cerveau.

Dr Michelle Cooreman - 17 février 2015

Les premières descriptions d'effets néfastes d'un excès de corticostéroïdes sur le système nerveux central ont été faites lors des autopsies de patients souffrant du syndrome de Cushing : diminution du poids du cerveau et élargissement des ventricules. Une pneumo-échoencéphalographie a révélé une atrophie cérébrale corticale chez 90 % des patients, tandis que 74 % d'entre eux présentaient une atrophie cérébelleuse corticale. Les premières IRM ont révélé une diminution du volume de l'hippocampe, qui n'était que partiellement réversible après un traitement fructueux.

Observations à l'IRM
Cette revue néerlandaise systématique de la littérature a inclus des études lors desquelles on a examiné le cerveau de patients souffrant de la maladie de Cushing au moyen de l'IRM. En tout, les chercheurs ont trouvé 19 études, conduites tant auprès de patients souffrant d'une maladie active que de patients en rémission à long terme. On comptait également des études longitudinales. Globalement, il s'agissait de 339 patients. Les patients souffrant d'une maladie de Cushing active présentaient en effet un volume hippocampique réduit, des ventricules élargis, une atrophie cérébrale et des anomalies des concentrations neurochimiques et du fonctionnement. Après la disparition de l'excès de cortisol, la réversibilité des troubles structurels et neurochimiques était incomplète, même après une rémission de longue durée. Les observations à l'IRM étaient corrélées aux caractéristiques cliniques (telles que taux de cortisol, durée de l'exposition aux taux de cortisol élevés, âge actuel, âge au moment du diagnostic, taux de triglycérides) et au comportement (fonctionnement cognitif et émotionnel, humeur et qualité de vie).

Servir de modèle
L'excès de cortisol endogène tel qu'on le rencontre dans la maladie de Cushing a des conséquences majeures sur le cerveau, tant au niveau de la substance grise que de la substance blanche. Après un traitement, ces effets ne sont pas totalement réversibles, de sorte que des symptômes psychologiques et des troubles cognitifs peuvent persister à long terme. Les auteurs affirment que le syndrome de Cushing pourrait servir de modèle pour étudier les effets neurotoxiques des corticostéroïdes exogènes sur le cerveau.

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