Ostéoporose et fractures: gagner du poids accroît le risque
C'est la première fois qu'une étude montre qu'une prise ou une perte de poids à la ménopause accroît le risque de fractures. C'est une donnée interpellante quand on connaît tous les bénéfices liés à une perte de poids chez la femme obèse ou en surcharge pondérale ...
On connaissait déjà la relation entre un risque fracturaire augmenté et un poids corporel insuffisant. Aujourd'hui on découvre avec cette nouvelle étude que l'obésité ou la surcharge pondérale peut aussi influencer le risque fracturaire à la ménopause. L'étude s'est basée sur les données de la Women's Health Initiative Observational Study (WHI) et une série de 40 essais cliniques menés aux Etats-Unis. Un nombre record de femmes post-ménopausées ont été enrôlées avec 120.566 femmes âgées de 50 à 79 ans à l'inclusion (1993 - 1998) et suivies jusque 2013 avec un follow-up moyen d'une durée de 11 ans à partir de l'inclusion. Au total, 79.279 femmes ont un poids stable (65,6%), 18.266 (15,2%) perdent du poids et 23.021 (19%) gagnent du poids
Gagner ou perdre du poids majore le risque
Une perte de poids définie par une baisse d'au moins 5% par rapport au poids initial majore le risque de fractures comparé à celles avec un poids stable, que la perte de poids soit intentionnelle ou non. La surprise vient du fait que contrairement à cette idée préconçue que l'obésité protège du risque fracturaire, on retrouve ici une même augmentation du risque fracturaire pour une prise poids > 5% par rapport au poids initial. Comparé à un poids stable, une perte de poids est associée à une incidence plus élevée de 65% du risque de fractures de hanche (RR = 1,65), de fractures des membres supérieurs et de fractures centrales (pelvis, colonne vertébrale) et ce même après ajustement pour des diagnostics de cancers et autres comorbidités. Un gain de poids est associé à une incidence un peu plus élevée de fractures des membres supérieurs et inférieurs (RR = 1,10 et 1,18). Sur le fond du problème, le bénéfice d'une perte de poids est supérieur au risque squelettique. Il faut donc se préoccuper de cette perte osseuse chez les femmes qu'on encourage à perdre du poids.