Résection de tumeur vésicale guidée par fluorescence: survie améliorée
D'après une étude rétrospective menée sous la direction du Pr Georgios Gakis (Université de Tübingen, Allemagne), l'utilisation d'une technique de diagnostic photodynamique à l'hexaminolevulinate, lors de résections transuréthrale de tumeurs vésicales, permet d'améliorer significativement la survie des patients par rapport à l'utilisation de l'intervention classique.
Le diagnostic photodynamique de lésions tumorales est une nouvelle technique de détection par fluorescence de foyers tumoraux dans la vessie utilisant une cystoscopie à la lumière bleue. Elle permet d'améliorer nettement la visualisation des sites tumoraux par rapport à la classique lumière blanche. Cette technique utilise des fluorochromes et précurseurs de l'hème (l'hexaminolevulinate et le 5-aminolevulinate) qui sont injectés dans la vessie via un cathéter urétral et s'accumulent dans les cellules tumorales qui les métabolisent, d'abord en porphyrines, puis en protoporphyrine IX responsable de l'émission d'une fluorescence violette qui peut être détectée par une lampe à Xénon.
Concept de l'étude
L'objectif de l'étude était d'évaluer si la résection transuréthrale d'une tumeur vésicale, guidée par une technique de marquage fluorescent, a une valeur pronostique chez des patients qui subissent par la suite une cystectomie radicale. L'étude a inclus 244 patients successifs qui ont subi une cystectomie radicale associée à une résection bilatérale des ganglions lymphatiques pelviens pour un cancer de la vessie, pour lesquels la durée médiane de suivi était de 29 mois.
Critères d'évaluation
Les investigateurs ont vérifié de manière rétrospective chez ces patients s'ils avaient préalablement bénéficié d'une résection transuréthrale de tumeur soit à la lumière blanche, soit guidée par fluorescence à base de hexaminolevulinate ou encore de 5-aminolevulinate. Les paramètres étudiés étaient la survie sans récidive (RFS ou recurrence free survival), la survie spécifiquement liée au cancer (CSS ou cancer specific survival) et la survie globale (OS).
Résultats favorables à l'hexaminolevulinate
Sur les 224 patients inclus, 66 (29.5%) ont eu une résection tumorale transuréthrale guidée par fluorescence à l'hexaminolevulinate (HAL), 23 (10.3%) ont eu une résection guidée par fluorescence au 5-aminolevulinate (ALA) et 135 (60.2%) à la lumière blanche. Les taux à 3 ans de survie sans récidive (RFS), de survie spécifiquement liée au cancer (CSS) et de survie globale (OS) sont repris dans le tableau 1.
Tableau 1
Principaux résultats de l'étude
hexaminolevulinate
5-aminolevulinate
Lumière blanche
Survie sans récidive
(RFS à 3 ans, %)
77.8
53.6
52.4
Survie spécifiquement
liée au cancer
(CSS à 3 ans, %)
83.9
74.5
59.7
survie globale
(OS à 3 ans, %)
74
60.9
56.5
Cystectomie radicale retardée
L'analyse des données montre également que les résections transuréthrales de tumeurs vésicales guidées par une méthode de diagnostic photodynamique s'accompagnent d'un plus grand nombre de ré-interventions avant la cystectomie radicale, d'un délai plus important avant la cystectomie radicale ainsi que d'un taux moins important de patients sous chimiothérapie systémique préopératoire. Toutes ces différences étaient statistiquement significatives.
Facteur prédictif indépendant de meilleure survie
Enfin, une analyse multivariables montre que - tout comme le stade histologique de la tumeur et des ganglions, ainsi que la marge chirurgicale dans les tissus mous - la réalisation d'une résection tumorale transuréthrale guidée par fluorescence à l'hexaminolevulinate était un facteur prédictif indépendant pour la survie sans récidive, la survie spécifiquement liée au cancer et la survie globale (OS).
'Une technique qui peut faire la différence'
Selon les auteurs, il s'agit des premières données qui indiquent que la résection tumorale transuréthrale guidée par fluorescence à l'hexaminolevulinate constitue un facteur prédictif indépendant de meilleure survie après une cystectomie radicale. " Cette technique peut faire la différence, même chez les patients avec un cancer de la vessie qui évoluera plus tard et nécessitera une cystectomie radicale ", a souligné le Pr Georgios Gakis qui était le principal investigateur de l'étude.