Traitement de l'ostéoporose: comment améliorer l'observance?
Comme dans toute maladie chronique, l'adhérence au traitement de l'ostéoporose est faible. Pour les bisphosphonates qui représentent la médication antifracturaire la plus prescrite, on estime qu'à peine 23% des patients prenant un bisphosphonate per os 1x/j le prennent encore 1 an plus tard.
Selon la formulation, l'adhérence varie, passant de 23% en une prise par jour à 42% en une prise par semaine. C'est néanmoins jugé insuffisant pour obtenir les réductions fracturaires observées dans les études cliniques où l'adhérence, compte tenu du suivi étroit du patient, est en général qualifiée de très bonne à excellente. Les facteurs liés à une mauvaise adhérence sont un âge plus avancé, un nombre important de comorbidités, une polymédication, une institutionnalisation. Aujourd'hui, différents modes d'administration des bisphosphonates sont proposés, en prise quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, voire même annuelle pour l'acide zolédronique en voie IV.
Pas de bénéfice d'un support psychologique
Cette étude1 randomisée prospective multicentrique d'une durée de 12 mois a voulu évaluer le bénéfice d'un suivi et d'une implication plus importante du patient dans sa maladie et dans son traitement. L'étude a inclus 334 femmes ostéoporotiques post-ménopausées traitées par des médicaments contre l'ostéoporose et randomisées en trois groupes: un groupe contrôle avec des patientes traitées selon des standards de soins; un groupe incluant des patientes qui utilisent différents moyens mnémotechniques pour se rappeler leur médicament; un groupe similaire au groupe 2, avec moyens mnémotechniques, appels téléphoniques réguliers et réunions dans un centre de référence. Les évaluations sont faites à l'inclusion et à 12 mois. On constate que 74% des patientes ont bien commencé leur traitement, dont la majorité (88,7%) continuent à le prendre pendant au moins 10 mois. A la fin de l'étude, seulement 114 femmes sont considérées comme pleinement adhérentes et persistantes, signifiant en cela que toutes les doses ont été régulièrement prises pendant l'année. Aucune différence n'est observée entre les groupes en terme d'adhérence. Le mode d'administration joue un rôle: une administration hebdomadaire multiplie par 5 l'adhérence et une administration mensuelle par 8 (p < 0,0001) comparé à une administration quotidienne. Les auteurs en concluent que le choix du bisphosphonate et de sa formulation sont des déterminants de l'adhérence du patient au long cours. Les interventions complémentaires telles que encadrement du patient, rappels, appels téléphoniques n'apportent pas de bénéfices.