Environnement et sclérose en plaques : le coup du parapluie!
L'origine de la sclérose en plaques est encore largement débattue. Beaucoup parlent de facteurs environnementaux impliqués dans cette pathologie, mais les données restent assez floues. Des chercheurs ont mené une revue dite " parapluie ", car elle permet d'utiliser de nombreuses revues systématiques en ne s'intéressant qu'à un seul sujet : l'environnement du patient...
Les chercheurs ont donc effectué un travail de fourmis afin de collecter toutes les revues systématiques et toutes les méta-analyses des études observationnelles sur ce sujet. Conscients des biais possibles, ils ont identifié les effets statistiques de la compilation des données sur les résultats.
Au cours de leurs recherches, ils ont pu trouver 44 méta-analyses regroupant 416 études primaires sur les différents facteurs de risque répertoriés et la sclérose en plaques. Ils ont ainsi considéré les vaccinations, les comorbidités, les interventions chirurgicales, les évènements traumatiques, les accidents, l'exposition à certains toxiques dans l'environnement et les biomarqueurs biochimiques, infectieux et musculo-squelettiques. Sur les 44 méta-analyses, 23 ont donné des résultats significatifs avec une valeur de p<0,05 et 11 avec un p<0,001. Seules 3 méta-analyses de ce type ont inclus plus de 1.000 cas et ne paraissaient pas souffrir d'une hétérogénéité trop importante. Parmi les facteurs retrouvés par les chercheurs, la découverte de l'antigène pour le virus d'Epstein-Barr multiplie par 4,46 le risque, la mononucléose par 2,17 et le tabac par 1,52.
La première conclusion des auteurs est donc de dire que beaucoup d'études qui associent des facteurs " environnementaux " à la sclérose en plaques ne sont peut-être pas aussi fiables qu'on le pense. La collecte et le traitement de ces données primaires ne semblent pas assez robustes que pour résister à une demande de preuves bien établies. C'est donc bien la méthodologie qui est, ici, mise en cause. La seconde conclusion des auteurs concerne les facteurs de risque où EBV, mononucléose et tabac viennent en tête.