Taux de vitamine D chez les médecins: c'est toujours le cordonnier qui est le plus mal chaussé
Aujourd'hui, on trouve près de 25.000 publications dans PubMed sur le calcium et la vitamine D, dont 1.500 l'année passée. Près de 40% de la population sont sous le seuil des 50 nmol/L, raison pour laquelle de plus en plus de médecins prescrivent des suppléments. Mais qu'en est-il des taux de vitamine D chez les médecins?
La déficience ou carence en vitamine D est aujourd'hui un problème de santé publique. La supplémentation est à l'ordre du jour au moins dans les groupes à risque (ostéoporose post-ménopausique, patients âgés et fragiles) sous peine de voir le risque fracturaire et la mortalité significativement augmentés. Dans le reste de la population, les données manquent pour privilégier une supplémentation systématique, mais beaucoup d'experts pensent qu'avoir un taux de vitamine D insuffisant (< 50 nmol/L) peut entraîner des problèmes musculo-squelettiques et d'autres moins connus, si l'on en croit les théories sur les effets pléiotropes de la vitamine D.
Les médecins en hypovitaminose
Cette nouvelle étude1 a voulu vérifier le taux de vitamine D chez 43 médecins hospitaliers et 38 généralistes travaillant dans un pays du Moyen Orient réputé pour son ensoleillement. La première observation est que les médecins hospitaliers ont des taux sériques de 25 OH-D plus bas que ceux des médecins généralistes (15 +/- 6 versus 19,7 +/- 6 ng/mL, p < 0,001). La seconde observation est que tous les médecins ont des taux inférieurs au seuil de 75 nmol/L (30ng / mL). Il apparaît aussi que selon l'origine (arabe ou israélienne), le taux diffère tout en restant inférieur aux normes admises. Les déterminants d'une concentration basse en vitamine D sont l'âge, le nombre de nuits de garde, l'exposition au soleil et l'origine ethnique.
Une population à risque
La conclusion des auteurs est que la population des médecins hospitaliers est à risque et qu'une supplémentation en vitamine D leur serait bénéfique. Ces données posent aussi le problème de la crédibilité du seuil en vitamine D. On peut en effet se demander comment il est possible d'observer des déficiences chez des personnes vivant sous des latitudes aussi réputées pour leur ensoleillement maximal.