Les SYSADOA: une alternative aux AINS dans la gonarthrose
Les études sur les SYSADOA ou anti-arthrosiques symptomatiques d'action longue commencent à se multiplier. En particulier deux composants du cartilage que sont la chondroïtine et la glucosamine ont retenu l'attention des auteurs de cette nouvelle étude dans laquelle ils comparent leur administration à celle d'un AINS chez des patients présentant des signes radiologiques de gonarthrose et des douleurs modérées à sévères.
Dans le traitement de la gonarthrose, l'approche se veut multimodale, incluant la perte de poids corporel, l'activité physique, la prise de compléments alimentaires et les anti-inflammatoires. Mais en parallèle depuis quelques années, des anti-arthrosiques symptomatiques d'action lente commencent à se positionner en challengers sérieux des AINS. L'étude GAIT publiée en 2006 incluant 1.600 patients avec une gonarthrose, traités par glucosamine et chondroïtine ou un inhibiteur de la cyclo-oxygénase 2 avait montré des résultats un peu décevants. C'est seulement chez les patients présentant des gonalgies modérées à sévères que la chondroïtine ou la glucosamine entraînait une résolution des douleurs similaire à celle obtenue par l'inhibiteur de la cyclo-oxygénase 2. Qu'en est-il aujourd'hui ?
Une non-infériorité
Dans cette nouvelle étude1, 606 patients reçoivent 1.200 mg de sulfate de chondroïtine + 1.500 mg de sulfate de glucosamine ou du célécoxib à une dose de 200 mg. Les patients présentent des signes radiologiques de gonarthrose et souffrent de douleurs modérées à sévères selon l'indice WOMAC (> 301). L'ajout de paracétamol est autorisé dans les deux groupes jusqu'à 3 gr/j. On observe à 6 mois une amélioration du score WOMAC similaire dans les deux groupes. Pour les auteurs, cette non-infériorité de l'association chondroïtine/glucosamine par rapport au célécoxib démontre qu'il existe vraiment une alternative pour les patients présentant des contre-indications au traitement par AINS, en particulier chez les patients âgés avec des facteurs de risque cardiovasculaires.