Spondylarthrite: quand on reparle du microbiote intestinal
Depuis quelques années, le microbiote intestinal apparaît comme un vaste écosystème impliqué dans de nombreuses maladies métaboliques, immunitaires, neurologiques... Aujourd'hui, il revient sur la scène de la spondylarthrite en lien avec l'antigène HLA B27.
La spondylarthrite ankylosante (SA) est le deuxième rhumatisme inflammatoire chronique après la polyarthrite rhumatoïde. Elle touche essentiellement les hommes (9 hommes pour une femme), mais il est probable que la fréquence des cas féminins soit sous-estimée du fait de leur atypie ou de leur caractère plus fruste. L'étiologie n'est pas complètement démontrée, mais on suspecte depuis plusieurs années l'implication de certaines bactéries, du fait que des SA surviennent après une infection bactérienne (Salmonella, Shigella, Yersinia, Campylobacter...) ou virale. D'où l'idée que l'ensemble du microbiote intestinal serait impliqué.
Un lien démontré entre bactéries et SA
Un modèle animal1 de rat transgénique HLA B27/hβ2m a été utilisé pour démontrer l'influence de la flore intestinale sur la susceptibilité à la spondylarthrite. En étudiant des échantillons prélevés dans l'iléum, le caecum et le côlon pour détection de bactéries par PCR/ARN 16S, puis séquençage, on s'aperçoit qu'une diminution importante des espèces Clostridium et Firmicutes et une augmentation d'espèces habituellement moins abondantes comme Prevotella sont liées à une susceptibilité marquée à la spondylarthrite. L'impact du sexe a aussi été étudié sur la sévérité de la SA dans un autre modèle animal. On observe que les femelles développent une maladie plus sévère lorsque le Clostridium est peu représenté dans le microbiote, à l'inverse de ce qui se passe chez les mâles.