Le mieux peut être l'ennemi du bien
Nouvelle illustration avec l'étude randomisée de phase III Intergroupe JCOG0803/WJOG4307L comparant monothérapie et doublet chez des sujets âgés (≥ 70 ans) ayant un cancer bronchique non à petites cellules à un stade avancé.
Le cancer devait être de stade III ou IV ou être une récidive et les sujets inclus devaient avoir un état général bien conservé (Stade 0 ou 1), mais devaient être considérés comme incapables de supporter l'administration de cisplatine en bolus. Chez de tels sujets, l'essai a comparé un traitement par 20 mg/m2 de docétaxel et 25 mg/m2 de cisplatine (administration à J1, J8 et J15 de chaque cycle de 4 semaines) à un traitement par 60 mg/m2 de docétaxel (administration à J1 de chaque cycle de 3 semaines), l'évaluation se faisant sur la survie globale.
Dès la première analyse intermédiaire, il a fallu déchanter en raison de la constatation d'une moindre survie globale dans le bras doublet que dans le bras monothérapie (risque relatif 1,56; IC 95% 0,98-2,49), un résultat certes non significatif, mais les calculs ont montré que la probabilité d'une démonstration d'une supériorité significative du doublet n'était que de 4 pour mille. Une donnée qui a sonné l'arrêt de l'étude qui à ce stade avait enrôlé 220 patients sur les 364 requis pour espérer démontrer l'hypothèse initiale, à savoir une amélioration de 30% de la survie globale avec le doublet.
Entre-temps, 276 patients au total avaient été recrutés et l'analyse réactualisée indique toujours une survie globale plus importante avec la monothérapie (14,8 mois versus 13,3 mois; HR 1,18; IC 95% 0,83-1,69).
La messe est-elle dite?
Pas si sûr, car l'éditorial d'accompagnement (librement accessible à tous et qu'il est fortement conseillé de lire avant de tirer des conclusions hâtives) attire l'attention sur toute une série d'arguments qui pourraient expliquer ce résultat discordant par rapport à d'autres études fort bien menées. Bonne lecture.