Qu'on se le dise
Sur base de données suggérant que la prise d'acides gras oméga-3 inhibait la bronchoconstriction à l'effort, d'aucuns se sont dit qu'ils pouvaient avoir une place dans le traitement de l'asthme.
Cela est démenti par les résultats d'une étude interventionnelle canado-suédoise menée en double aveugle qui a concerné 23 asthmatiques (14 hommes) jeunes (âge moyen 28 ans) dont la moitié étaient sous corticothérapie inhalée et qui présentaient une hyperréactivité bronchique au mannitol.
Selon la randomisation, les sujets ont reçu successivement pendant trois semaines des acides gras oméga-3 (EPA 4g + DHA 2g) puis le placebo correspondant ou l'inverse, les deux périodes étant séparées par une période de repos de 3 semaines. Le critère principal d'évaluation était la dose de mannitol provoquant une chute de 15% du VEMS (PD15).
Pendant les périodes de supplémentation en acides gras, les investigateurs ont constaté une diminution significative des triglycérides et les modifications attendues au niveau des acides gras sériques et des métabolites eicosanoïdes, ce qui atteste de la réalité de la prise.
Cependant, aucune différence significative de la PD15 n'a été documentée à l'issue de la période oméga-3 et de la période placebo, moyennes géométriques respectives (IC 95%) de 78 mg (51-119) et 88 mg (56-139), p= 0,5.
Il n'a pas non plus été constaté de différences significatives des principaux critères secondaires à l'issue de chacune des deux périodes de traitement (taux d'éosinophiles dans les expectorations, VEMS, score ACQ, excrétion urinaire des médiateurs des mastocytes).
Des résultats qui indiquent donc l'absence d'utilité des suppléments en acides gras oméga-3 dans le traitement à court terme de l'asthme.