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Pneumonie communautaire à forte composante inflammatoire

L'inflammation étant un des moyens de défense de l'organisme vis-à-vis des micro-organismes, il convient de la respecter. Pour autant évidemment qu'elle ne soit pas trop importante et devienne elle-même source de souci.

Dr Jean-Claude Lemaire - 9 mars 2015

En dépit des progrès de l'antibiothérapie, la mortalité des sujets hospitalisés pour pneumonie communautaire reste élevée, en particulier en cas d'atteinte sévère. En pareil cas, il a été observé que la probabilité d'échec du traitement était plus élevée lorsque les malades présentaient une réponse inflammatoire excessive à l'infection.

Les corticoïdes diminuant l'expression et l'action d'un grand nombre cytokines impliquées dans la réponse inflammatoire consécutive à une infection, des investigateurs espagnols ont entrepris d'évaluer dans le cadre d'une étude multicentrique randomisée, contrôlée, menée en double aveugle, l'impact de la méthylprednisolone chez des sujets hospitalisés pour pneumonie communautaire sévère avec une forte composante inflammatoire attestée par une CRP > 150 mg/l à l'admission.

Le critère composite principal de jugement était les échecs de traitement précoce (choc, nécessité d'une mise sous ventilation ou décès au cours des 72 premières heures suivant l'administration du corticoïde ou du placebo) et/ou tardifs (progression radiographique, insuffisance respiratoire sévère persistante, choc, nécessité d'une mise sous ventilation ou décès 72 à 120 heures après l'administration du corticoïde ou du placebo).

Selon la randomisation, les malades ont été alloués à un bras méthylprednisolone IV 1 bolus de 0,5 mg/kg toutes les 12 heures (n= 61) ou à un bras placebo (n=59), l'administration se faisant pour une durée de 5 jours et débutant endéans les 36 premières heures de l'hospitalisation.

Les résultats indiquent une réduction du risque d'échec du traitement avec une occurrence de 13% dans le bras méthylprednisolone versus 31% dans le bras placebo, ce qui correspond à un odds ratio de 0,34 (IC 95% 0,14 -0,87), p=0,02.

Cette différence entre les deux bras est à mettre quasi exclusivement sur le compte d'une moindre incidence de progression radiographique dans le bras corticoïde.

A noter cependant que la réduction du risque d'échec de traitement ne se traduit pas par une diminution significative de la mortalité hospitalière, 10% (n=6) dans le bras méthylprednisolone versus 15% (n=9) dans le groupe placebo, IC 95% -6% - 17%, p=0,37.

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