Etiologie de la polyarthrite rhumatoïde: l'infection aurait-elle un rôle protecteur?
Un lien entre la survenue d'une polyarthrite rhumatoïde (PR) et une parodontite à Porphyromonas gingivalis a été établi. Aujourd'hui il semblerait que des épisodes infectieux protègent d'une polyarthrite rhumatoïde. Qui faut-il croire ?
Les patients avec des polyarthrites rhumatoïdes (PR) souffrent deux fois plus souvent de parodontites.
Les infections à EBV et CMV favorisent également les parodontites, via la pullulation de germes comme P. gingivalis, dont l'ADN est souvent retrouvé dans les synoviales de PR. Ce germe possède une enzyme (peptidylarginine deiminase) capable d'induire une citrullination de divers auto-antigènes, ce qui contribue à augmenter le taux des anti-CCP dans les PR avec parodontites.
L'infection protège
La cohorte EIRA a fourni 6.401 sujets dont 2.831 patients avec une polyarthrite rhumatoïde et 3.570 sujets contrôles1. Tous les épisodes infectieux et leurs sites (digestifs, urinaires et génitaux) ont été analysés et liés ou non à une PR. On observe que les antécédents d'infections sont significativement associés à un risque diminué de PR (OR de 0,71 à 0,80 selon le site des infections). Ce résultat ne se vérifie pas pour les infections sur d'autres sites (poumon, sinus, etc.). Le lien entre l'infection et la présence ou l'absence d'anticorps anti-CCP n'est pas non plus clairement démontré. Pour les auteurs, il existe donc une tendance à une diminution du risque de PR chez les sujets ayant fait une infection récente digestive ou urinaire. On peut toutefois objecter que les diagnostics infectieux ne sont pas toujours correctement étayés et qu'un recul de 2 ans n'est peut-être pas suffisant, considérant que l'histoire naturelle de la PR est de plus longue durée.