Maladie d'Alzheimer : les bases immunitaires...
La régulation de l'expression des gènes décrit l'épigénétique. Cette expression est influencée par notre environnement, notre histoire individuelle et notre hygiène de vie, par exemple. Dans la maladie d'Alzheimer, tous ces phénomènes seraient également influencés par l'immunité...
L'étude a été publiée par des chercheurs du MIT dans la revue Nature tout dernièrement. Les chercheurs ont analysé les changements qui surviennent au niveau des gènes et des régions qui régulent leur expression comme un facteur de progression de la maladie d'Alzheimer. Le laboratoire à l'origine de cette recherche avait déjà créé des années plus tôt un modèle murin de la maladie d'Alzheimer. Ces souris développaient une surproduction de la protéine p25 dans le cerveau, ce qui les conduisait à souffrir rapidement d'une maladie d'Alzheimer semblable à celle de l'être humain.
Ceci a permis de définir ce qui se passait au cours du développement précoce de la maladie, bien avant que les symptômes n'apparaissent. Il est donc possible aussi grâce à ce modèle, de comparer les modifications qui s'opèrent dans les stades tardifs de la maladie. Les chercheurs ont été particulièrement attentifs aux modifications chimiques, épigénétiques, en particulier les systèmes de régulation qui contrôlent les régions proches du gène codant pour la p25.
Ils ont découvert deux signatures de la maladie consistante avec la pathophysiologie de l'Alzheimer : une diminution de la plasticité neuronale et une augmentation de l'inflammation. Ils ont remarqué en effet une augmentation de la microglie qui produit elle-même une augmentation des facteurs inflammatoires. Les données obtenues par l'équipe de Boston permettent de dire que la microglie participe activement au développement de la maladie d'Alzheimer.
Les chercheurs ont alors comparé ces données à ce que l'on connait de la maladie chez l'homme. De manière assez interpellante, l'activation des gènes des souris mutées et de ceux retrouvés chez des malades est identique. Il semble donc qu'il existe plus de similitudes entre les deux espèces concernant l'immunité que les processus neuronaux. De nouvelles cibles thérapeutiques ont donc pu être identifiées et pourront servir de bases pour le développement de nouveaux médicaments.