Mélancolie : au coeur des mécanismes...
Les preuves biologiques de l'état mélancolique ont souvent été attendues et son origine neurobiologique demeure suspecte aux yeux de certains spécialistes. Des chercheurs ont tenté de savoir si les connexions du circuit frontal sous-cortical pouvaient être impliquées.
Les patients mélancoliques présentent un état dysphorique particulier. Des chercheurs australiens ont étudié la connectivité chez ces patients à l'état de repos, en se concentrant surtout sur l'attention et l'intéroception. Pour cela, ils ont réalisé une étude croisée observationnelle chez des patients au repos en utilisant l'imagerie par résonance magnétique. En tout, 16 patients mélancoliques, 16 patients dépressifs non mélancoliques et 16 contrôles ont subi ce test. Ils ont identifié 5 réseaux distincts au repos : mode par défaut, le contrôle de l'exécution, l'attention frontopariétale gauche et droite et le cortex insulaire bilatéral. Ils ont interagi avec ces zones par la suite.
Chez les patients mélancoliques, la déconnexion est omniprésente au niveau du cortex insulaire et des réseaux impliqués dans l'attention, comparativement aux sujets contrôles et aux patients dépressifs. Une connectivité moins efficace est aussi constatée entre le cortex frontopariétal droit et l'insula chez les mélancoliques par rapport aux dépressifs non mélancoliques. De même, les auteurs constatent un déficit entre le cortex insulaire et le réseau exécutif chez ces patients mélancoliques par rapport aux dépressifs.
Les auteurs proposent donc que ce manque de connectivité puisse être considéré comme une clé expliquant la symptomatologie retrouvée chez les mélancoliques. Ces données devraient surtout servir à d'autres recherches, notamment cliniques...