Du neuf contre la sclérose en plaques ?
La recherche contre cette terrible maladie vient de franchir un nouveau pas. Il ne s'agit encore que d'expériences sur des souris, mais la découverte de nouveaux neuroprotecteurs passe forcément par là. Ici, il s'agit d'une molécule agissant contre l'inflammation et les dégâts occasionnés aux neurones.
Les chercheurs viennent de publier leur découverte dans la revue Nature Neuroscience. La même équipe de l'Icahn School of Medicine (Mount Sinai, New York) avait démontré il y a quelques mois que le mouvement des protéines entre le noyau neuronal et le cytoplasme était perturbé en cas de maladie neurodégénérative. L'atteinte concerne une protéine transporteuse appelée XP01 (Exportine-1) ou CRM1 (Chromosome Region Maintenance -1).
Ces protéines inhibent le transport d'un certain nombre de substances. L'équipe du Mount Sinai a testé divers composés levant cette inhibition. Deux agents, appelés KPT-276 et KPT-350, ont été administrés oralement à des souris souffrant de maladie neurodégénérative mimant la sclérose en plaques. Il s'avère que les deux agents ont offert une protection contre les radicaux libres et les dommages structurels. Ils permettent aussi une transcription des facteurs neuroprotecteurs. Il s'est avéré que ces molécules sont aussi capables d'arrêter la multiplication des cellules inflammatoires et réduisent ainsi l'inflammation.
Dans le modèle murin, des souris souffrant de paralysies des membres ont pu regagner une fonction motrice deux semaines après le début du traitement par KPT-276 et KPT-350.
Outre un réel espoir de mettre au point un nouveau traitement, cette étude permet aussi de mettre en lumière un nouveau mécanisme de la sclérose en plaques et de sa progression. De plus, il s'avère que les perturbations du transport protéique entre le noyau cellulaire et le cytoplasme sont impliquées dans de nombreuses autres maladies dégénératives comme la sclérose latérale amyotrophique et la maladie d'Alzheimer.