Sipuleucel-T et déprivation androgénique : quelle séquence?
Des résultats intermédiaires de l'étude STAND concernant les réponses immunitaires au traitement ont été présentés à l'ASCO-GU. STAND étudie l'importance de la séquence d'administration du sipuleucel-T et d'un traitement de déprivation androgénique chez des hommes présentant une récidive biochimique d'un cancer de la prostate.
Le sipuleucel-T est un exemple d'immunothérapie cellulaire autologue qui cible les phosphatases acides prostatiques. Le composé est approuvé dans le cadre de formes pauci- ou asymptomatiques de cancer de la prostate résistant à la castration. L'étude STAND visait à évaluer le séquençage du sipuleucel-T et d'un traitement de déprivation androgénique chez des hommes présentant une récidive biochimique d'un cancer de la prostate, associé à un risque élevé de métastases. Les résultats intermédiaires de l'étude concernant les réponses immunitaires au traitement étaient présentées à Orlando.
Comparaison de deux séquences thérapeutiques
Un total de 68 patients avait été randomisé vers un traitement séquentiel de sipuleucel-T, suivi d'un traitement de déprivation androgénique deux semaines après la troisième administration (Bras 1), soit vers un traitement initial de déprivation androgénique pendant 3 mois, suivi de l'administration de sipuleucel-T (Bras 2). Les réponses immunitaires, à la fois cellulaires et humorales, ont été analysées tout au long de ces 24 mois et analysées sur le plan statistique.
Différences dans la réponse immunitaire
Les résultats montrent une augmentation constante de la prolifération des cellules T spécifiques pour l'antigène ciblé (PA2024) par rapport à la situation de départ. Cette augmentation s'est avérée plus faible dans le bras 2 par rapport au bras 1 (p<0.001). Les titres d'anticorps anti PA2024 étaient quant à eux comparables dans les deux bras thérapeutiques. Ces titres d'anticorps étaient significativement plus élevés après la troisième administration de sipuleucel T et ils étaient encore élevés à 24 mois (en moyenne, 23 fois plus élevés qu'au départ de l'étude). Une évolution similaire des titres d'anticorps contre PAP a été notée, avec cependant une moindre amplitude. Le nombre de répondeurs immunitaires était comparable dans les deux bras tout au long de l'immunothérapie. A noter également, une corrélation significative entre le comptage des cellules nucléées totales (Total Nucleated Cell count ou TNC), ainsi qu'entre les taux d'hémoglobine au départ de l'étude, et la réponse maximale en termes de titres d'anticorps contre PA2024.
Réponse immunitaire marquée
Les auteurs concluent que ces données indiquent qu'un traitement par le sipuleucel-T permet d'induire une réponse immunitaire marquée qui s'est prolongée pendant les 24 mois de l'étude chez des patients présentant une récidive biochimique d'un cancer de la prostate. La séquence selon laquelle l'immunothérapie et un traitement de déprivation androgénique sont administrés ne semble pas avoir d'importance en ce qui concerne l'immunité humorale. L'immunité cellulaire semble, elle, influencée par la séquence thérapeutique. L'association observée entre le comptage cumulatif des cellules nucléées totales et la réponse humorale, celui-ci pourrait s'avérer un marqueur potentiel de réponse au sipuleucel-T.