Asthme éosinophilique et vitamine D
Des taux sériques bas de vitamine D s'accompagnent d'une incidence accrue d'infections respiratoires et d'un piètre contrôle de l'asthme, ce qui est probablement à mettre en rapport avec une moindre sensibilité aux corticoïdes et/ou à des altérations des mécanismes de défenses antimicrobiennes.
Des investigateurs néerlandais se sont donc demandé si, via une action favorable sur ces deux facteurs, une supplémentation en vitamine D ne serait pas capable de réduire l'inflammation des voies aériennes et d'améliorer le contrôle de l'asthme.
Hypothèse testée dans une étude randomisée et contrôlée versus placebo ayant concerné 44 asthmatiques adultes non-atopiques avec inflammation aérienne éosinophilique, neutrophilique ou mixte. Ces sujets ont reçu une dose unique de 400.000 UI de vitamine D ou le placebo correspondant et les investigateurs ont recherché dans les expectorations induites recueillies à distance de 9 semaines, les modifications des taux d'éosinophiles et de neutrophiles par rapport aux taux documentés initialement.
Globalement, il n'a pas été constaté de modifications significatives des types cellulaires entre les bras vitamine D et placebo et le contrôle de l'asthme n'a été amélioré que de façon marginale par la vitamine D (p0,08).
Cependant, en cas d'inflammation éosinophilique très élevée initialement (≥ 26,2% qui était le taux médian documenté chez les sujets avec inflammation éosinophilique), il existe chez les sujets du bras vitamine D une réduction très nette des taux d'éosinophiles (41% à 11,8%) qui contraste avec une augmentation chez les sujets du bras placebo (51,8% à 63,3%), la différence étant significative p = 0,034). Un résultat qui suggère donc que la vitamine D pourrait être une aide thérapeutique utile en cas d'asthme éosinophilique.