Réduction du séjour après accouchement : Les gynécologues flamands fâchés
Le feu couve à la VVOG (Association flamande des gynécologues et obstétriciens). Ils sont mécontents de la volonté du gouvernement d'économiser 18 millions en raccourcissant d'un demi-jour le séjour post-partum. La VVOG qualifie cette économie de " linéaire ". L'association parle de décision hâtive et pointe l'injustice pesant sur une discipline qui fait de nombreux efforts de rationalisation tout en respectant l'EBM.
La parturiente croit souvent naïvement que le gynécologue décide quand elle doit rentrer à la maison. Or le séjour hospitalier après un accouchement ne peut dépasser 4 jours sous peine d'amende pour l'hôpital. Le BMF est amputé d'autant.
Pour Jan Bosteels, président de la VVOG, "la mesure de réduction d'un demi-jour va entraîner des tensions supplémentaires entre le gestionnaire et le médecin à l'heure où tout le monde plaide pour une participation plus active des médecins dans la gestion de l'hôpital". D'autant que le BMF souffre d'un sous-financement chronique qu'on renfloue avec les honoraires des médecins.
La profession gynécologique se dit souvent confrontée à des mesures linéaires alors qu'elle se dit prête à rationnaliser mais pas au mépris de la qualité des soins. La gynécologie-obstétrique est également à la pointe de l'EBM. " Ça ne sert à rien apparemment d'être le premier de classe ", déplore le Dr Bosteels, faisant référence à la chirurgie minimale invasive qui permet aux femmes de rentrer plus rapidement à leur domicile après une opération gynécologique.Ces progrès font faire des économies à l'assurance maladie d'autant qu'ils réduisent la durée d'incapacité de travail. La gynécologie est donc sanctionnée injustement car elle n'est pas récompensée lorsque les patientes rentrent plus tôt à la maison...
La VVOG plaide pour une restructuration intelligente des soins dans un contexte où les patientes rentrent chez elles dans un environnement au domicile qui n'est pas toujours suffisamment sécurisant.