Goutte et Alzheimer: à quelque chose malheur est bon?
La goutte est une maladie douloureuse, handicapante et sexiste touchant en majorité les hommes.Le responsable est l'acide urique dont l'accumulation entraîne les symptômes. La question est: l'acide urique aurait-il un rôle protecteur pour des maladies neurodégénératives? La réponse dans cette étude de cohorte.
Aujourd'hui la goutte reste, en dépit des traitements, une affection invalidante, associée à des comorbidités cardiovasculaires et métaboliques. La cause exacte reste inconnue, hormis une composante génétique probable et le rôle de l'alimentation. La prévalence est estimée entre 1 et 4% selon les études et les régions du monde. Mais à tout malheur quelque chose est bon, s'il se vérifie que l'acide urique diminue vraiment le risque de développer une maladie d'Alzheimer...
Une vaste étude de corrélation
Cette étude de cohorte1 a analysé les dossiers de 59.224 patients avec un diagnostic de goutte et 238.805 témoins repris dans une banque de données britannique entre 1995 et 2013. Les taux de maladie d'Alzheimer (MA) et de goutte ont été comparés avec ajustement selon le statut social, le tabagisme, la consommation d'alcool, les comorbidités et la consommation de médicaments. Au total, 309 nouveaux cas de MA ont été identifiés sur les 59.224 patients avec goutte (âge moyen : 65 ans) et 1.942 sur les 238.805 témoins. Le HR pour une MA chez les patients avec goutte est de 0,71 (CI95% 0,62-0,80) en analyse multivariée. Une association inverse existe dans les sous-groupes (sexe, âge > et <75 ans, antécédents de maladies cardiovasculaires). La même analyse a été faite pour l'arthrose sans trouver de corrélation avec une MA.
Un lien inverse
Cette étude montre pour la première fois un lien inverse entre la goutte et la survenue d'une MA. Les données sont robustes, considérant la taille importante de la population analysée. Elles suggèrent que l'acide urique pourrait avoir un effet neuroprotecteur peut-être par sa qualité d'anti-oxydant.