Inflammation de la BPCO et mortalité
La BPCO s'accompagne d'une composante inflammatoire dont l'origine est mal comprise (reflet des comorbidités, de la maladie elle-même ou encore de l'action des agents qui la provoquent?). De même, l'impact de cette inflammation sur le pronostic vital reste imparfaitement cerné.
Trois chercheurs américains ont tenté d'éclaircir cette zone d'ombre en examinant les relations entre l'élévation de trois marqueurs inflammatoires (taux de globules blancs et de fibrinogène supérieurs à la médiane et protéine C réactive >3g/l) et la mortalité globale à partir des données de 1.144 sujets âgés de 40 à 79 ans enrôlés dans l'étude NHANES III.
La distribution ajustée pour l'âge du nombre de facteurs inflammatoires élevés était différente selon que les sujets avaient une fonction pulmonaire normale ou indiquant une obstruction bronchique légère, modérée ou sévère.
Parmi les trois facteurs évalués, le fibrinogène est le seul qui soit corrélé de façon significative avec la mortalité pour tous les degrés de sévérité d'obstruction bronchique, le risque relatif maximum ajusté étant de 1,47 (IC 95% 1,17-1,91).
Le nombre de paramètres inflammatoires élevés et la mortalité globale croissent de façon parallèle, le risque relatif maximum ajusté d'avoir 1, 2 ou 3 paramètres inflammatoires élevés étant de 1,17 (IC 95% 0,71-1,94), 1,44 (IC 95% 0,89-2,32) et 2,08 (IC 95% 1,29-3,37) respectivement (p= 0,003), ce qui autorise à dire que le nombre de paramètres inflammatoires élevés est un facteur prédictif de mortalité toute cause chez les sujets adultes avec obstruction bronchique.