Les enseignements collatéraux du dépistage du cancer bronchique
Les scanners faible dose désormais utilisés aux USA pour le dépistage du cancer du poumon peuvent révéler d'autres anomalies que la présence de lésions cancéreuses et qu'il serait dommage de négliger.
C'est ce que montre l'analyse des données recueillies dans le cadre de l'International Early Lung Cancer Action Program entre 2000 et 2013 et concernant quelque 62.000 sujets âgés de 40 à 90 ans et sans manifestations évocatrices d'un cancer bronchique. Les investigateurs ont stratifié ces sujets en fonction de leur statut tabagique, non-fumeurs ± 12.300, ex-fumeurs ± 26.300 et fumeurs actifs ± 23.400.
Les résultats montrent que l'emphysème est nettement plus prévalent chez les fumeurs actifs (29%) et les ex-fumeurs (21%) que chez les non-fumeurs (1,6%). Ils indiquent également que le cancer bronchique est systématiquement plus prévalent chez les sujets avec emphysème que chez les sujets sans emphysème, quel que soit leur statut tabagique, respectivement 2,3% versus 1,1% chez les fumeurs actifs avec un ratio des risques relatifs (RRR) de 1,8 (IC 95% 1,4-2,2), 1,8% versus 0,9% chez les ex-fumeurs (RRR 1,7, IC 95% 1,2-2,2) et 2,6% versus 0,4% chez les non-fumeurs (RRR 6,3, IC 95% 2,4-16,9).
Les investigateurs soulignent que c'est la première fois que l'on montre que la présence d'un emphysème est associée à un risque accru de cancer aussi bien chez les fumeurs et ex-fumeurs que chez les non-fumeurs et que c'est dans cette dernière catégorie de sujets que l'influence de l'emphysème est la plus forte. Chez les non-fumeurs avec mise en évidence d'un emphysème par scan faible dose, la prévalence de cancer bronchique est similaire à celle des fumeurs.