Les Suédois: dépressifs et violents ?
Ce sont deux études au sein de la population suédoise qui justifient et le titre et l'article parus dans le Lancet Psychiatry. Les auteurs ont cherché à savoir quels sont les rapports entre violence et dépression dans la population suédoise...
Ce n'est pas un scoop: la dépression accroit nettement le risque d'évènements comme des suicides, une mortalité précoce ou des automutilations. Toutefois, les auteurs anglais et suédois estiment que l'association entre les crimes violents et la dépression demeure incertaine. Pour en avoir le coeur net, ils ont réalisé deux analyses sur deux cohortes différentes.
La première étude concerne la population suédoise de patients dépressifs ambulatoires (n=47158). Cette population a été comparée à des sujets contrôles appariés pour le sexe et l'âge (n=898454). L'analyse a porté sur 8 années entre 2001 et 2009. Ils ont aussi étudié la survenue de crimes violents dans la fratrie non affectée (n=33516) ainsi que chez les demi-frères ou demi-soeurs (n=15534). Les chercheurs ont examiné les liens éventuels avec l'abus de drogues, les facteurs sociodémographiques et un passé criminel. Dans la seconde étude, ils ont analysé dans une population de jumeaux (n=23020) la mesure continue des symptômes dépressifs et le risque de violences criminelles.
Durant un suivi de 3,2 ans, 3,7% des hommes dépressifs et 0,5% des femmes ont été poursuivis pour crimes violents après le diagnostic. Après ajustements sociodémographiques, le risque de crime est 3 fois plus élevé chez les dépressifs, comparativement à la population générale. Par comparaison avec les demi-frères, il est 20% plus élevé et par rapport à la fratrie, 50% plus important. Il existe probablement certains facteurs confondants au sein de la famille. Cependant, le risque demeure plus élevé même après ajustement pour ces facteurs et même en l'absence d'abus de drogues ou d'un passé criminel. L'étude sur les jumeaux révèle par ailleurs que durant 5,4 années de suivi en moyenne, les symptômes dépressifs sont également associés à un risque accru de violences criminelles ou de crimes sans violence.
Les auteurs estiment qu'au vu de leurs résultats, les recommandations cliniques devraient prendre en compte ce risque accru de violences et l'évaluer dans certains groupes de patients dépressifs.