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Luxation traumatique de la hanche: réduire vite sous peine de complications

Chez un enfant de moins de 3 ans, la luxation traumatique de la hanche requiert la mise en oeuvre rapide de mesures thérapeutiques. Entre autres, les réductions fermées sont de meilleur pronostic. Un contrôle iconographique par IRM ou scintigraphie au Tc 99-m est recommandé dans les semaines post-traumatisme.

31 mars 2015

On estime aujourd'hui qu'environ 5% des luxations coxo-fémorales traumatiques se produisent chez l'enfant de moins de 14 ans. La forme postérieure est plus banale que la forme antérieure comme chez l'adulte. La cause peut être un traumatisme mineur (sport ou jeu) entraînant une luxation de hanche, surtout chez l'enfant de moins de 6 ans. Ce cas clinique1 est celui d'une fillette de 3 ans admise suite à une chute en luge. Elle se plaint d'une hanche gauche douloureuse et présente un raccourcissement du membre gauche associé à une attitude en flexium de hanche. A la palpation, une douleur est constatée au niveau du fémur droit. Le bilan radiologique met en évidence une luxation coxo-fémorale gauche complète, antérieure ainsi qu'une fracture en motte de beurre au niveau de la jonction diaphyso-métaphysaire distale du fémur droit. La mesure thérapeutique consiste en une réduction de la luxation sous anesthésie générale, 90 minutes après l'admission de l'enfant. Le contrôle radiologique post-intervention montre une bonne congruence de l'articulation et une symétrie des distances articulaires des hanches bilatéralement. L'enfant est ensuite placé en traction au zénith pendant une période de 10 jours, puis en décharge complète durant 3 semaines, avec mise en place d'un plâtre pelvi-pédieux.

Attention aux complications
Les auteurs attirent l'attention sur le fait que les délais de réduction allongés (> 6 heures) sont à l'origine de complications telles qu'une nécrose avasculaire de la tête fémorale, des troubles de la croissance, une atteinte du nerf sciatique, des luxations récidivantes ou encore une arthrite post-traumatique. La réduction fermée est de meilleur pronostic. Une imagerie post-réduction doit être pratiquée pour exclure l'incursion d'un fragment ostéo-cartilagineux ou du labrum acétabulaire dans l'articulation. Le suivi radiologique est fait par IRM ou scintigraphie au Tc 99-m dans les 2 à 6 semaines post-traumatisme afin d'évaluer la vascularisation épiphysaire.

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