BPCO, il n'y a pas que le tabac
Le tabac est sans nul doute un des facteurs de risque majeurs du développement d'une BPCO, mais faire de la BPCO une affection du fumeur âgé est une vision très simpliste et fausse de la question.
La revue systématique des différents facteurs qui au cours de la vie entière peuvent avoir une influence sur le développement d'une BPCO montre que cette affection ne concerne pas que les fumeurs impénitents de la cinquantaine. Pour mémoire, selon les régions du monde, l'on estime que 25 à 45% des sujets atteints de BPCO n'ont jamais été des fumeurs actifs.
La sinistre vérité est qu'aux différentes étapes du développement et de la vie, de nombreux facteurs peuvent contribuer à favoriser le développement d'une BPCO.
Cela débute avant même la conception avec le poids de l'héritage génétique qui sera transmis et cela continue une fois la grossesse commencée avec le rôle néfaste de l'exposition de la future mère à la pollution atmosphérique et surtout avec le tabagisme maternel. En effet, le tabagisme de la femme enceinte contrecarre le développement optimal des bronches et des poumons du foetus et engendre très rapidement après la naissance une réduction de la fonction respiratoire. A noter que même si les anomalies initiales sont modestes, elles persisteront toute la vie et surtout, elles augmenteront la susceptibilité au développement d'une BPCO chez ceux qui, ultérieurement, ne sauront pas résister à l'appel du tabac.
Cela se poursuit lors de l'enfance avec les infections aériennes à répétition, le tabagisme passif et l'impact de la pollution intérieure et extérieure, puis à l'adolescence et l'âge adulte, où s'ajoute encore à un éventuel tabagisme actif, la pollution industrielle ou domestique (feux ouverts utilisés pour le chauffage et/ou la cuisine).
Viennent se greffer à tout cela des facteurs propres au sujet lui-même tels que l'existence d'une hyperréactivité bronchique, d'un terrain atopique ou d'un asthme.