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Hormonothérapie chez les femmes sous statines

À ce jour, l'hormonothérapie après la ménopause n'est plus recommandée que dans certaines conditions strictes : l'administration d'une dose minimale pendant une courte durée et les patientes ayant des antécédents cardiovasculaires sont mises sur la touche. La prévention cardiovasculaire gagne toutefois en importance en Suède, où cette étude a été menée, et où 10% des femmes adultes suédoises prennent des statines. Cette étude examine les avantages et les inconvénients de l'hormonothérapie chez les femmes sous statines.

31 mars 2015

Sur la base du registre de population suédois, 40.985 femmes (âgées de 40 à 74 ans) ont été identifiées; entre juillet 2006 et juillet 2007, elles avaient reçu une première prescription de statines (pas de prescription au cours des 12 mois précédant l'étude), dont 70% en prévention primaire. Selon qu'elles aient pris ou non une hormonothérapie, ces femmes ont été réparties dans deux groupes (respectivement n= 2.862 et n=38.096). Après un suivi de quatre ans, le lien entre l'hormonothérapie et les événements cardiovasculaires, la mortalité cardiovasculaire et la mortalité globale a été examiné.

Absence de nocivité
Aucun lien n'a été mis en évidence entre l'hormonothérapie et les événements cardiovasculaires chez les utilisatrices de statines. Les femmes qui prenaient une hormonothérapie avaient un risque plus faible de décéder des suites d'une affection cardiovasculaire (HR 0,38 ; 0,12-0,19), tandis que la mortalité globale se trouvait significativement réduite (HR 0,53 ; 0,34-0,81). L'effet de l'utilisation des statines était comparable en prévention primaire et secondaire.
Même si les auteurs ne peuvent exclure un rôle éventuel joué par certains facteurs de confusion, comme l'âge et la sévérité de la maladie cardiovasculaire, ils concluent néanmoins que l'hormonothérapie n'est pas nocive pour les femmes sous statines.

Tentative d'explication
Selon les auteurs, la différence observée dans les résultats, par rapport aux études telles que la WHI et la HERS, tient au fait que les femmes en Suède prennent du 17-bêta-oestradiol et non des oestrogènes conjugués. Les auteurs avancent également que les statines pourraient réduire le risque d'affections cardiaques coronaires souvent observées au début de l'hormonothérapie ; de fait, comme les oestrogènes provoquent une instabilité des plaques au niveau des artères, leur prise peut donner lieu à une thrombose, un infarctus du myocarde et un accident vasculaire cérébral.
Dans l'éditorial correspondant, l'auteur affirme que l'association composée d'hormones et de statines pourrait non seulement prévenir les infarctus du myocarde précoces et apporter des bénéfices cardiovasculaires tardifs, mais aussi empêcher le développement du diabète de type 2 (peut-être causé par les statines). Une étude randomisée bien conduite sera néanmoins nécessaire pour prouver cette dernière hypothèse.

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