Valeur ajoutée de la KIM-1 pour l'évolution de l'insuffisance rénale ?
La molécule KIM-1 (kidney injury molecule type 1) apporte-t-elle une valeur ajoutée dans la prédiction de la progression de la néphropathie diabétique chez les diabétiques de type 1 ? Par une randomisation mendélienne, le rôle causal de la KIM-1 dans la diminution de la clairance rénale (eGFR) a également été examiné.
La KIM-1, une glycoprotéine présente sur la membrane cellulaire qui possède également une partie extracellulaire, est un biomarqueur des lésions aux tubules rénaux utilisé pour dépister l'atteinte rénale à un stade précoce.
Population de patients
Au total, 1.573 patients présentant un diabète de type 1 ont été suivis durant six ans. La KIM-1 urinaire a été dosée au début de l'étude (avec correction pour la créatinine urinaire). Pour évaluer la valeur prédictive, une régression de Cox et une série d'indices statistiques ont été utilisées.
Afin d'établir la relation de causalité éventuelle entre la KIM-1 et la diminution de la fonction rénale, une randomisation mendélienne a été appliquée. Cette randomisation utilise la variation génétique comme marqueur de substitution pour le facteur causal étudié.
Les résultats
Les résultats indiquent qu'après correction pour le taux d'excrétion de l'albumine, la KIM-1 ne constitue pas un élément prédictif indépendant de la néphropathie diabétique et qu'elle n'apporte aucune valeur ajoutée par rapport au débit de filtration glomérulaire (reGFR).
L'analyse de la régression de Cox montre cependant que la KIM-1 est associée à une réduction du débit de filtration glomérulaire indépendamment de la durée du diabète, mais pas indépendamment du taux d'excrétion de l'albumine.
L'étude GWAS (genome wide association study) met en évidence une forte relation entre le variant rs2036402 du gène KIM-1 et la KIM-1. Dans la randomisation mendélienne, la KIM-1 est associée à un débit de filtration glomérulaire plus faible, indépendamment de la durée du diabète et du taux d'excrétion de l'albumine, ce qui indique effectivement un lien de causalité: une élévation des taux de KIM-1 urinaire témoigne d'une diminution de la fonction rénale.
La KIM-1 ne permet malheureusement pas de prédire la progression vers un stade terminal d'insuffisance rénale indépendamment de l'excrétion d'albumine ; elle n'apporte donc aucune plus-value pronostique par rapport aux biomarqueurs déjà utilisés à ce jour.