Standardiser les mesures des résultats cliniques en tenant compte des patients
Il ne s'agit pas d'une étude clinique, mais l'initiative de ICHOM, une organisation à but non lucratif, notamment fondée par l'Université de Harvard, devrait certainement avoir des répercussions dans la pratique clinique en uro-oncologie. Elle consiste à développer un set standard de critères d'évaluation qui englobe les résultats rapportés par les patients pour suivre et évaluer les hommes avec un cancer de la prostate. La présentation faisait l'objet d'un 'late-breaking abstract', présenté au cours de la dernière session plénière de l'EAU 205, par Alicia Morgans (Vanderbilt-Ingram Cancer Center, Nashville, USA).

L'objectif de l'ICHOM (International Consortium on Health Outcome Measures) qui a été fondé par L'Institute for Strategy and Competitiveness (Université de Harvard, Boston USA), le Boston Consulting Group et la Karolinska Institutet (Stockholm, Suède) est de promouvoir les soins de santé basés sur la valeur ajoutée qu'ils apportent en définissant, pour différents problèmes médicaux, des sets standardisés de mesures des résultats qui ont une réelle importance pour les patients. Le but étant bien entendu que ces mesures soient diffusées et adoptées à l'échelle mondiale. De telles initiatives ont été initiées pour les coronaropathies, la cataracte, les lombalgies, la maladie de Parkinson et le cancer de la prostate.
Des variations très importantes
" Si on prend le cas de des taux de mortalité à 30 jours après un infarctus aux Etats Unis, il peut y avoir une variation du simple au double selon les centres, cette variation atteint 18x pour ce qui est des taux de réintervention après une chirurgie de la hanche en Allemagne et 20x pour ce qui est des taux de mortalité après une chirurgie pour un cancer du côlon en Suède ", a expliqué Alicia Morgans. " Par ailleurs, pour beaucoup de conditions médicales, il n'y a pas de manière standardisée pour comparer les résultats, en particulier pour ce qui est des résultats qui importent le plus aux patients comme les symptômes, l'état fonctionnel ou la qualité de vie ".
Cancer de la prostate
Le cancer de la prostate ne fait pas exception à cette règle. Si les taux de survie à 5 ans sont assez comparables entre différents pays industrialisés, les taux d'incontinence et de dysfonction érectile à un an peuvent être très différents, notamment en fonction des institutions. L'ICHOM a donc réuni des spécialistes (urologues, oncologues, radiothérapeutes) et des représentants des patients dans 9 pays différents en Europe et en Amérique du Nord, ainsi qu'en Australie pour développer un set standard de mesures des résultats dans les cancers de la prostate. Alors que l'année dernière, ce sont les données concernant les cancers de la prostate localisés qui avaient été présentées, les résultats présentés à Madrid reflétaient le travail réalisé dans les formes avancées de cancers de la prostate. Le guide de référence pour les formes avancées peut être téléchargé sur le site de l'ICHOM après avoir complété un quelques simples données personnelles à l'adresse suivante :
http://www.ichom.org/project/advanced-prostate-cancer/#referenceguide
Implémentation en Belgique
Il s'agit d'une entreprise ambitieuse que les Professeurs Tombal à l'UCL et Joniau à la KUL essaient d'implémenter en Belgique. " Un des problèmes est que chaque institution a ses règles propres et y va de sa petite cuisine locale ", commente le Pr Bertrand Tombal (Cliniques Universitaires Saint Luc, Bruxelles). " C'est la raison pour laquelle cette initiative est extrêmement importante et doit être disséminée partout, en particulier en Belgique ".