Gouverner c'est prévoir
Pour éviter tout amalgame avec les prévisions plus ou moins alarmistes pour les années à venir, précisons d'emblée que le sens à donner au verbe prévoir dans le cas particulier est celui d'anticiper.
Ce n'est un secret pour personne, les progrès en matière de mucoviscidose ont été extraordinaires lors du dernier quart de siècle. Désormais, les enfants atteints ne sont plus condamnés à brève échéance et l'espérance de vie atteint et même dépasse la quarantaine.
Cet énorme succès a, si l'on ose dire, deux revers de médaille. Le premier est que cette affection initialement pédiatrique est devenue une pathologie de l'âge adulte. Le deuxième est que cela pose le problème de l'existence de centres spécialisés adultes en nombre suffisant.
Une équipe parisienne tire la sonnette d'alarme après avoir évalué le nombre d'adultes à prendre en charge d'ici 2025 dans 34 pays européens ayant été répartis en quatre groupes en fonction de l'existence de données fiables et dans le cas où ces données n'existaient pas ou n'étaient pas suffisantes, en fonction du statut économique.
Pour les 16 pays disposant de données fiables, l'augmentation prévue du nombre d'adultes vivants atteints est de l'ordre de 75% d'ici 2025, avec parfois des prévisions encore plus alarmistes. Ainsi, l'augmentation prévue est de 96% pour les Pays-Bas, 79% pour le Royaume uni, 78% pour la Belgique et 76% pour la France.
Ces données indiquent à l'évidence qu'il faut préparer la transition si l'on veut que le succès pédiatrique ne se transforme pas en victoire à la Pyrrhus pour les adultes, faute d'avoir anticipé le besoin de création ou de renforcement de structures spécialisées destinées à ces patients.
Un homme averti en vaut deux !