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Polyarthrite rhumatoïde: le tofacitinib diminue la réponse au vaccin contre le pneumocoque

Les agents biologiques sont à risque de réactivation d'infections. La recommandation est de vacciner les patients qui vont bénéficier de ce type de traitement. Quel est l'effet d'un inhibiteur de Janus kinase sur les vaccins anti-pneumocoque et influenza?

7 avril 2015

Le tofacitinib est un inhibiteur de JAK kinase qui bloque la différenciation des lymphocytes T inflammatoires. Les premières études avaient déjà démontré une bonne efficacité dans la polyarthrite rhumatoïde (PR). Tout comme d'autres agents biologiques, il a fait l'objet d'une étude de sécurité d'emploi, en particulier sur le risque infectieux. Dans une première partie de cette étude1, des patients naïfs de tofacitinib ont été randomisés pour recevoir le tofacitinib 10 mg/2x/j ou un placebo, et un vaccin anti-pneumocoque ou influenza 4 semaines plus tard. Dans la deuxième partie, des patients sous tofacitinib 10 mg/2x/j avec ou sans méthotrexate ont été randomisés en deux groupes selon qu'ils poursuivaient ou interrompaient le tofacitinib pour 2 semaines, suivi par une vaccination une semaine après la randomisation. Le critère primaire est la proportion de patients qui ont une réponse satisfaisante contre le pneumocoque (augmentation du titre en anticorps de 2x ou plus sur les 6 ou plus des 12 sérotypes pneumococciques) et à l'influenza (augmentation du titre de 4x ou plus contre 2 ou plus des 3 antigènes du virus).

La réponse contre l'influenza n'est pas affectée
Les résultats montrent que moins de patients sous tofacitinib (45,1%) développent une réponse satisfaisante contre le pneumocoque comparés au placebo (68,4%) avec des titres en anticorps plus bas sous tofacitinib, et en particulier lorsqu'il est associé au MTX. Par contre, une proportion similaire de patients sous tofacitinib et sous placebo développent une réponse satisfaisante contre l'influenza (56,9 versus 62,2%). Dans la deuxième étude, les réponses aux 2 vaccins sont identiques, que les patients aient poursuivi le traitement ou non. A ce stade, il paraît difficile d'expliquer la différence observée entre les réponses au vaccin anti-pneumocoque et au vaccin anti-influenza.

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