Durabilité des antidiabétiques oraux en monothérapie
Le traitement du diabète de type 2 débute habituellement par un antidiabétique oral en monothérapie. Au bout d'un certain temps, il devient pour ainsi dire inévitable d'y ajouter un deuxième antidiabétique oral ou de passer à une autre classe d'antidiabétiques, afin de maintenir le contrôle de la glycémie et de prévenir les complications. Cette étude a étudié la durabilité de l'effet des antidiabétiques oraux sur le contrôle glycémique en situation réelle.
Les données servant de base à cette étude sont extraites du registre national suédois du diabète. Entre juillet 2005 et décembre 2011, les auteurs ont identifié 17.309 diabétiques de type 2 ayant reçu pour la première fois une prescription d'antidiabétique oral. Ces patients ont été suivis pendant une période de 5,5 ans.
Les auteurs ont utilisé la définition suivante de l'échec de la monothérapie : arrêt d'un premier antidiabétique oral, ajout d'un deuxième antidiabétique oral ou passage à une autre classe d'antidiabétiques oraux.
En utilisant la méthode de l'appariement sur le score de propension (" propensity score matching "), les caractéristiques initiales ont été corrigées dans les groupes (1:5) : sulfamide hypoglycémiant vs metformine et glinide vs metformine.
Le metformine obtient de meilleurs résultats
Sur la période de suivi totale de 5,5 ans, près de la moitié des nouveaux patients diabétiques de type 2 traités par la metformine, un sulfamide hypoglycémiant ou un glinide ont reçu un deuxième antidiabétique oral, en plus du premier, ou l'antidiabétique oral initialement sélectionné a été remplacé par un autre antidiabétique ou a été arrêté.
Comparé à la metformine, le risque d'échec avec un sulfamide hypoglycémiant ou un glinide en monothérapie était plus élevé (HR 1,74 et 1,66 respectivement). Le risque qu'un deuxième antidiabétique oral doive être ajouté était 2,5 et 3 fois plus élevé, et le risque de devoir passer à une autre classe s'est révélé 3 et 4 fois plus élevé, respectivement, avec un sulfamide hypoglycémiant ou un glinide, par rapport à la metformine.
En résumé, dans la pratique quotidienne, la durabilité de l'effet de la metformine en monothérapie sur le contrôle glycémique est supérieure à celle des sulfamides hypoglycémiants et des glinides.