SEP : un programme contre la dépression...
La sclérose en plaques (SEP) s'accompagne d'un risque non négligeable de dépression. Des chercheurs allemands ont voulu vérifier si une thérapie cognitivo-comportementale pouvait être efficace pour réduire ce risque.
Dans l'absolu, la moitié des patients souffrant d'une SEP développeront une dépression à des degrés divers. De manière assez étonnante, ce trouble reste sous-diagnostiqué et donc sous-traité. Deprexis est un service web totalement automatisé (http://www.deprexis.com/), dynamique, multiplateforme qui a démontré son efficacité dans des études cliniques randomisées contrôlées chez des patients souffrant de dépression sévère. Le programme simule une conversation et adapte les réponses en fonction des réponses du patient.
L'équipe hambourgeoise a voulu tester cette efficacité chez des patients SEP. Ils ont recruté 71 patients âgés entre 18 et 65 ans ayant rapporté eux-mêmes des symptômes dépressifs. Après randomisation, 35 patients ont bénéficié d'une intervention via Deprexis et 36 ont servi de témoins, en liste d'attente. L'intervention a duré 9 semaines. L'objectif primaire était de déterminer le score sur l'échelle Beck Depression Inventory (BDI).
Durant l'intervention, le score BDI a diminué dans le groupe traité et augmenté dans le groupe témoin, ce qui a donné un effet relatif positif de -4 points en moyenne pour les patients ayant bénéficié du programme. Les symptômes dépressifs se sont accrus (BDI>13) chez 3 patients du groupe contrôle et chez aucun des patients traités. Les chercheurs insistent sur le fait qu'il n'y a pas eu de survenue d'idéation suicidaire durant l'intervention.
Les auteurs concluent que ce type de traitement pourrait être proposé aux patients atteints de SEP, principalement ceux éprouvant des difficultés à se déplacer.