PremiumRhumatologie

Traitement de l'ostéoporose: peut-on prolonger sans risque?

La question1 mérite d'être posée, particulièrement lorsqu'on dépasse les 3 ans. Selon la littérature, poursuivre le traitement offre un gain modeste en DMO, l'arrêter offre une perte tout aussi modeste... Qu'en est-il du risque et des effets secondaires? La réponse par le Pr Maria-Louisa Brandi (Florence).

13 avril 2015

Aujourd'hui, 5 produits sont disponibles dans le traitement de l'ostéoporose (bisphosphonates, dénosumab, SERMs, peptides PTH et ranélate de strontium), tous efficaces avec de 40 à 69% de réduction du risque de fractures. Les bisphosphonates en particulier ont fait l'objet d'études d'une durée de 3 ans, avec extension et des effets secondaires rares, voire très rares, ont été rapportés, de type ostéonécrose de la mâchoire, fibrillation atriale, irritation de l'oesophage, hypocalcémie et toxicité rénale potentielle. Entre bénéfice et risque, dans quel sens penche la balance lorsqu'on allonge le traitement sachant que le "treat-to-target" n'est pas toujours possible.

Pas de données concluantes
Deux études long terme effectuées avec l'alendronate et le zolédronate nous disent que poursuivre le traitement entraîne un gain modeste de densité minérale osseuse, et l'arrêter entraîne une perte modeste également. Sur le plan des fractures, continuer le traitement abaisse le risque de fractures vertébrales par rapport à l'arrêt mais n'a par contre pas d'effet sur les fractures non vertébrales. Qu'en est-il du risque de fractures atypiques? Les résultats sont incertains avec une tendance à l'augmentation selon la durée du traitement. Pour le dénosumab, les SERMs et le tériparatide, le bénéfice sera rapidement perdu à l'arrêt du traitement. Pour le risédronate et l'ibandronate, des données limitées suggèrent que le bénéfice est lentement perdu si l'on arrête le traitement.

Un consensus tacite
Le consensus actuel est de diminuer la longueur du traitement autant que possible, de soigneusement sélectionner les patients chez qui le traitement sera poursuivi. Chez le patient à risque modéré, le traitement peut être interrompu après 3 à 5 ans et n'est pas repris aussi longtemps que la DMO reste stable et qu'aucune fracture n'est constatée. A l'inverse, chez le patient à haut risque, le traitement doit être poursuivi en considérant aussi d'autres options qu'un bisphophonate. A souligner que pour le tériparatide, la durée du traitement ne peut excéder 2 ans.

Beaucoup de questions ouvertes
Le traitement va-t-il prévenir les fractures à 20 ans? Pouvons-nous prédire le risque de fractures atypiques? Faut-il traiter de façon séquentielle ou en combinaison? Faut-il traiter par fenêtres thérapeutiques, et si oui pendant combien de temps? Les réponses doivent venir d'une vision globale du patient, ses antécédents, sa réponse, sa tolérance en se disant que le mieux est l'ennemi du bien...

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

En savoir plus sur

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles

Articles connexes

Infection par le VIH : Un facteur de risque indépendant d’ostéoporos

L’infection par le VIH est identifiée comme un facteur de risque indépendant d’ostéoporose, avec une diminution significative de la densité minérale osseuse chez les personnes séropositives.

Ostéopathies liées au méthotrexate : une complication rare, grave et mal identifiée

Parmi les milliers de patients atteints de maladies rhumatismales, certains présenteront un jour une ostéopathie induite par le méthotrexate. C’est une complication rare mais grave à laquelle on ne pense pas toujours. Quels sont les signes d’alerte ?

Polyarthrite rhumatoïde : pourquoi et comment décroître la corticothérapie ?

Dans la polyarthrite rhumatoïde (PR), l’EULAR positionne les corticostéroïdes (CS) comme un traitement d’appoint, l’ACR les déconseille si possible. Là où les 2 sociétés se rejoignent, c’est sur l’absolue nécessité d’un sevrage à 3 mois. Malgré ces recommandations, 80% des patients sont toujours sous CS à 1 an avec les risques intrinsèques. Dans ce contexte, il faut se poser 3 questions1. Les CS sont-ils nécessaires ? Quels sont les risques ? Comment réaliser le sevrage dans de bonnes conditions ?

Un plan national de prise en charge de la douleur est nécessaire, plaident les algologues

L'Association flamande d'anesthésiologie pour la prise en charge de la douleur et l'Association professionnelle belge des médecins spécialistes en anesthésie et réanimation (Apsar) plaident pour un plan national de prise en charge de la douleur.

Des nouvelles à partager ?

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
16 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine