Pression pulsée : un lien avec la démence...
Un groupe californien travaillant pour l'Alzheimer's Disease Neuroimaging Initiative Investigators (ADNI), un groupe international, a voulu déterminer si la pression pulsée pouvait avoir un rapport avec la survenue d'une démence.
Pour mémoire, la pression pulsée, différence entre les pressions systolique et diastolique, augmente chez les personnes âgées et est associée à un risque plus important de démence de type Alzheimer. Cependant, le mécanisme sous-jacent demeure encore mystérieux. La quête à laquelle s'attachent tous les spécialistes est de découvrir un facteur pronostique précoce. Les Californiens ont donc étudié des biomarqueurs dans le liquide céphalorachidien et la pression pulsée.
Ils ont mené une étude rétrospective sur 877 participants sans démence, âgés entre 55 et 91 ans, d'une cohorte constituée par l'ADNI. Toutes les données concernant la santé globale, la pression sanguine et la détermination de pTau et de bêta-amyloïde étaient disponibles. Toutes ces personnes ont été suivies régulièrement depuis 2005 jusqu'en octobre 2013. L'objectif était de déterminer entre 6 et 96 mois la progression vers la démence.
Les participants très âgés (>80 ans) ont été comparés aux plus jeunes (<80 ans). Les covariables comme l'âge, le sexe, le génotype pour l'ApoE, le BMI, les facteurs de risque vasculaire et la prise d'antihypertenseurs ont été incluses dans l'analyse.
Indépendamment de l'âge, il apparait que les personnes présentant le biomarqueur pTau développent une pression pulsée plus importante que ceux qui n'ont pas le marqueur pTau : 62 mm Hg versus 57,4 mm Hg (p=0,04). Chez les participants très âgés, l'augmentation de la pression pulsée est plus importante si elle s'accompagne d'une élévation de pTau et d'une réduction de bêta-amyloïde prises ensemble que prises séparément : 69,7 mm Hg versus 63,18 mm Hg avec le pTau ou 60,1 avec le bêta-amyloïde.
Par ailleurs, ceux qui présentent une pression pulsée très élevée au départ ont plus de risque de progresser vers une démence rapidement. De manière intéressante, il semble que la pression systolique suive également cette même tendance entre biomarqueurs de la maladie et progression vers la démence chez les plus âgés, mais pas chez les plus jeunes. Chez eux, c'est la pression diastolique qui est réduite avec l'élévation isolée de pTau.
En conclusion, les auteurs estiment que la pression pulsée comme indice de l'âge vasculaire est associée aux modifications neurodégénératives bien avant que celles-ci ne se manifestent cliniquement. Chez les patients très âgés, les pressions élevées sont associées à une amyloïdose cérébrale avec progression rapide vers la démence. Chez les plus âgés, c'est la pression systolique qui joue le rôle-clé alors que chez les plus jeunes, il s'agirait essentiellement de la diastolique.
Dans tous les cas, la pression pulsée semble être un indice intéressant peu invasif et accessible par tous.