La vie est un continuum...
Et le corollaire en est que vouloir la régenter avec des paramètres dichotomiques est fréquemment illusoire.
C'est en quelque sorte ce que nous rappelle une équipe américaine qui s'est intéressée au cap des 90 jours, limite parfaitement arbitraire, qui sépare les patients avec cancer bronchique à petites cellules en sensibles ou réfractaires aux sels de platine en fonction de la survenue ou non d'une reprise évolutive endéans les 90 jours qui suivent l'arrêt du traitement de première ligne à base de platine.
Fort bien, mais peut-on se contenter de cette dichotomie primaire sans arrière-pensée?
Il semble bien que non, au vu des résultats issus du regroupement des données de chacun des 329 patients inclus dans les essais randomisés de deuxième et de troisième lignes menés par le SWOG et qui avaient inclus à la fois des patients sensibles (n=151) et réfractaires (n=178).
D'une part, il n'y a pas de différence significative entre patients sensibles et patients réfractaires lorsque sont comparées sans ajustement les probabilités de survie sans progression (HR =1,0 ; IC95% 0,81-1,25 ; p=0,98) et de survie globale (HR 1,24 ; IC95% 0,99-1,57 ; p=0,06).
D'autre part, après ajustement, le statut de sensibilité au platine n'est associé significativement ni à la survie sans progression (HR 1,11 ; p=0,49), ni à la survie globale (HR 1,25 ; p=0,14). Dans cette analyse ajustée, les facteurs ayant une influence négative sur le pronostic sont le sexe masculin, un taux élevé de LDH, un mauvais indice de performance et une perte de poids ≥ 5%.
Ces résultats devraient remettre en question le recrutement des patients enrôlés dans les essais de deuxième et troisième lignes.