Flore intestinale et risque de diabète
La flore intestinale a un effet important sur les processus métaboliques qui sont notamment impliqués dans l'obésité, la résistance à l'insuline et le diabète. Les antibiotiques peuvent également perturber fortement la flore intestinale. Il est donc logique de se demander si l'exposition aux antibiotiques augmente le risque de diabète.
Dans le cadre de leur étude cas-témoins, des chercheurs américains ont utilisé une large base de données issue de la population du Royaume-Uni. Les cas étaient des patients souffrant d'un diabète diagnostiqué de manière fortuite. Ils ont été appariés selon un rapport 1:4 avec des sujets témoins de même âge, de même sexe, issus d'un même cabinet médical et dont la durée de suivi était la même avant le début de leur inclusion dans l'étude.
Uniquement pour certaines classes d'antibiotiques
Les participants devaient avoir reçu des antibiotiques au cours de l'année précédant leur inclusion dans l'étude. Le risque de diabète était bien sûr corrigé selon différents facteurs : IMC, tabagisme, glycémie la plus récente, nombre d'infections avant la date de l'inclusion, antécédents médicaux de cardiopathie ischémique et d'hyperlipidémie.
Ainsi, 208 002 patients diabétiques et 815 576 sujets témoins appariés ont pu être inclus dans l'étude.
Une seule cure d'antibiotiques au cours de l'année précédant l'inclusion n'avait aucun impact sur le risque corrigé de diabète. Par contre, deux à cinq cures d'antibiotiques étaient associées à un risque accru de diabète pour les antibiotiques suivants : pénicilline, céphalosporines, macrolides et quinolones. L'OR varie entre 1,08 (1,05-1,11) pour la pénicilline et 1,15 (1,08-1,23) pour les quinolones. L'OR augmente avec le nombre de cures d'antibiotiques, jusqu'à 1,37 (1,19-1,58) pour plus de 5 cures de quinolones.
Les auteurs n'ont découvert aucun lien entre l'exposition aux médicaments antiviraux ou antifongiques et le risque de diabète.