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Gratuité chez le MG : " Ils veulent détruire la médecine libérale " (Absym)

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Pour l'Absym, le report par 900.000 Belges de leur visite chez le MG est socialement inacceptable mais ne doit pas être instrumentalisé pour détruire la médecine libérale. Les accords de la Saint-Jean ont justement permis la coexistence pacifique entre pratique libérale et financement social. " La médecine libérale n'est pas inféodée à un parti mais est une médecine au service du patient plutôt qu'au service de l'Etat ", souligne le syndicat médical. Celui-ci craint que le tiers-payant étendu voire la suppression du ticket modérateur entraînent une explosion des dépenses qui empêche à l'avenir de soigner certaines pathologies, notamment au-delà d'un certain âge.

Nicolas de Pape - 16 avril 2015

L'Absym revient par communiqué sur une tribune d'experts parue dans le Morgen appelant à la gratuité totale de la médecine générale et qui fait état d'une étude commanditée par la Commission européenne qui démontrerait que 900.000 Belges reporteraient leurs soins chez un médecin généraliste (MG) pour raison financière.

" La Commission européenne, à l'instar de nombreux politiques et plus particulièrement des mutuelles, cherche des arguments pour détruire la médecine libérale ", affirme le président de l'Absym, Roland Lemye. " Il est vrai qu'en Belgique, en particulier, les accords de la Saint Jean (1964) ont permis la coexistence harmonieuse de la pratique libérale avec un financement social. Le politique estime maintenant que cette pratique libérale coûte trop cher et veut (pour employer un euphémisme) la régenter. Nous y assistons depuis de nombreuses années. "

Or, la médecine libérale n'est pas une inféodation à un parti, rappelle le MG de Courcelles. " Elle signifie que les médecins sont avant tout au service du patient, dans tous les cas avant d'être au service de l'État. De nombreuses professions peuvent être étatisées. Ce n'est pas nécessairement dans un but de maîtrise des dépenses mais, en l'occurrence, en ce qui concerne les soins de santé, ça l'est. "

Lemye compare cette indispensable liberté à celle des avocats et des journalistes. Bien sûr, " la liberté, celle des médecins n'est pas de faire tout et n'importe quoi mais il s'agit de liberté responsable qui a été promotionnée par l'accréditation. "

A cet égard, Lemye affirme que les MG sont conscientisés aux difficultés pour certains de nos compatriotes d'accéder aux soins de santé. " La profession médicale trouve particulièrement ridicule d'affirmer que la difficulté d'accès au médecin généraliste provoquerait un retard des soins pour 900.000 patients (soit 1 patient sur 12). Si des patients reportent leurs soins, c'est pour différentes raisons, souvent peu liées à la première ligne. Ils savent qu'une consultation chez le MG va entraîner des examens complémentaires... souvent coûteux, des prescriptions de médicaments... parfois onéreux, que certains vont devoir arrêter leur activité. "


L'Absym rappelle que l'accès à la première ligne dans notre pays est un des plus hauts du monde. Les Omnio ne paient qu'un euro de ticket modérateur. Le temps pour récupérer la somme engagée ne semble pas un problème selon les retours reçus par les MG. Beaucoup ignorent que les médecins de famille pratiquent déjà le paiement différé, abandonnent le ticket modérateur voire soignent gratuitement.

" Il est clair que le TP pour les BIM n'est qu'un ballon d'essai. De nombreuses voix politiques s'expriment pour une extension à tous les actes ambulatoires. Cela ne peut déboucher que sur la capitation avec le patient captif et les profils pour généralistes de tous les soins dispensés aux patients. "

Le TP risque selon le président de l'Absym d'entraîner une explosion des dépenses. " Cette explosion se répercutera sur les budgets et des mesures de maîtrise des dépenses devront être prises ; ce qui détricotera tout ce que nous avons fait pendant trente ans : revaloriser les actes d'un point de vue financier, augmenter leur qualité (écoute, dossier...) au détriment de la quantité. Le processus inverse est actuellement en route. "

Et de donner l'exemple des pays du nord ou de l'Angleterre ou l'on observe des refus de dialyse au-delà de 65 ans. " Ces décisions ont valeur de sentence de mort, sauf pour les riches. "

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