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Arrêt tabagique : toujours un défi chez les patients psychiatriques...

On a longtemps considéré que l'arrêt du tabac chez une personne souffrant d'un trouble mental constituait un combat de deuxième ligne. Or, il apparait que la cessation de cette dépendance peut avoir des avantages multiples. Différentes méthodes sont proposées, dont celle amenée par cette équipe du Royaume-Uni.

Pierre Dewaele - 20 avril 2015

Comme on le sait, les patients avec un trouble psychiatrique grave ont 3 fois plus tendance à fumer que les autres, mais ont par ailleurs beaucoup moins accès aux services d'arrêt tabagique pour de multiples raisons. Pour les chercheurs d'York ayant mené l'étude Smoking Cessation Intervention for Severe Mental Ill Health Trial (SCIMITAR), cela constitue une injustice sociale qui entrave leur qualité de vie et réduit leur espérance de vie.

Ils ont donc mené cette étude pilote afin de déterminer les méthodes de recrutement, de randomisation et de suivi de ces patients particuliers. La stratégie de l'arrêt tabagique a été mise au point spécifiquement pour ces patients et a été administrée par des infirmières spécialisées en santé mentale. Il s'agit d'un soutien apporté par une thérapie comportementale et par des médicaments. Cette méthode a été comparée au traitement classique.

Les patients étaient tous des adultes souffrant soit de troubles bipolaires soit de schizophrénie. Ils ont été randomisés soit pour bénéficier du traitement spécifique, soit pour recevoir le traitement habituel. Difficile d'imaginer une étude en aveugle de cette manière. L'objectif principal des auteurs était de déterminer le statut tabagique 12 mois après le début de l'intervention.

Sur les 97 personnes recrutées au départ, 51 ont été incluses dans le groupe contrôle et 46 dans le groupe bénéficiant de l'intervention spécifique. Après 12 mois, 69% des patients contrôles et 72% des patients de l'autre groupe ont remis une mesure du monoxyde de carbone ou ont attesté de leur arrêt tabagique ou non. La cessation a été significativement plus importante dans le groupe " intervention " que dans le groupe contrôle : 36% versus 23%. Cela démontre une efficacité plus importante !

Toutefois, la vraie victoire des chercheurs est d'avoir réussi un tel recrutement et une telle randomisation chez des patients jugés comme sévèrement atteints. Cela signifie que ce type d'études est possible et devrait être encouragée, quelle que soit la méthode employée pour l'arrêt du tabac. Par ailleurs, les chercheurs ont démontré également l'efficacité et la sécurité d'emploi d'un tel programme, ce qui est encourageant pour d'autres études...

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