L'âge n'explique pas tout
Il est incontestable que l'âge constitue un facteur de risque pour le développement d'une maladie d'Alzheimer. Cependant, les susceptibilités sont variables...
Toujours à la recherche du " Graal ", des chercheurs brésiliens, étasuniens, suédois et anglais ont tenté de retrouver les biomarqueurs prédictifs dans le liquide céphalorachidien en relation avec l'âge. Ils ont mené une étude croisée sur 268 individus, dont 211 avec des facultés cognitives normales et 57 diminuées à partir du registre pour la prévention de la maladie d'Alzheimer du Wisconsin et du centre de recherche sur cette maladie dans le même Etat. Pour chaque participant, ils ont pratiqué une ponction lombaire afin d'étudier la présence de bêta-amyloïde 42 (Ab42), le taux de protéine Tau total (t-tau) et le taux de protéine Tau phosphorylée. Ils ont également calculé les ratios t-tau/Ab42 et p-tau/Ab42. Les facultés cognitives ont été stratifiées en fonction des années passées à l'école : une période de 16 ans étant considérée comme offrant une grande réserve cognitive. L'analyse covariée a tenu compte de ces différents facteurs.
Les chercheurs ont découvert qu'il existe des interactions significatives entre l'âge et la réserve cognitive en fonction des taux t-tau, p-tau et des ratios t-tau/Ab42 et p-tau/Ab42. Ainsi avec l'âge, les patients avec un haut degré de réserve cognitive subissent moins d'altérations des biomarqueurs retrouvés dans le liquide céphalorachidien que les individus avec une réserve cognitive basse. Par ailleurs, cette atténuation de l'effet de l'âge par la réserve cognitive semble être plus prononcée chez les personnes atteintes par un Alzheimer que chez les autres. Les auteurs font aussi remarquer qu'il existe une relation dose-réponse de l'âge sur les biomarquerus atténuée par la réserve cognitive. Ils concluent que cela signifie qu'il existe probablement une nouvelle voie d'approche des risques liés au développement des symptômes de la maladie d'Alzheimer. De ce fait, il est probable que la quantité de biomarqueurs que l'on retrouve dans le liquide céphalorachidien doit être aussi évaluée en fonction des années d'éducation du patient.