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Pneumonie des cancéreux

Les infections en général et les pneumonies en particulier sont fréquentes et souvent graves chez les cancéreux. Une gravité qu'il est classique de mettre sur le compte des efforts combinés d'un affaiblissement des défenses immunitaires et des séjours hospitaliers plus ou moins prolongés qu'effectuent souvent ces patients et qui les exposent à des bactéries multirésistantes. Les résultats d'une étude brésilienne remettent singulièrement en question ce scénario.

Dr Jean-Claude Lemaire - 27 avril 2015

En effet, l'analyse des données médicales de 325 cancéreux (71% de tumeurs solides et 29% d'hémopathies malignes) hospitalisés dans trois grands hôpitaux pour pneumonie liée à des soins de santé acquise en dehors de l'hôpital n'a permis de documenter une infection par un micro-organisme multirésistant que dans moins de 14% des cas, ce qui suggère que cette étiologie n'est pas si importante. Les micro-organismes les plus fréquemment isolés étaient des staphylocoques dorés sensibles à la pénicilline, Pseudomonas aeruginosa et des pneumocoques.

Le corollaire de cette découverte est qu'un régime thérapeutique comportant plusieurs antibiotiques à large spectre pour couvrir les germes multirésistants, comme on le fait pour les pneumonies nosocomiales, n'est pas le plus approprié pour ce type de patients. Il convient d'en revenir à une attitude initiale plus conforme à ce qui se fait dans les pneumonies communautaires, sans toutefois négliger les données d'incidence microbienne et d'écologie bactérienne propres à chaque hôpital.

En réalité, la sévérité du pronostic de la pneumonie des cancéreux est bien plus à mettre sur le compte de la gravité de l'atteinte pulmonaire, des défaillances organiques qui l'accompagnent, en particulier la diminution de la fonction rénale et de l'état général du patient. Ainsi, 75% des patients étaient en choc septique lors de l'admission et 80% ont été intubés pour ventilation mécanique. Globalement, le taux de mortalité intrahospitalière est de 65% (46% lors du séjour en unités de soins intensifs). En analyse multivariée, la nécessité d'un recours à la ventilation mécanique invasive, l'existence d'un choc septique lors de l'admission et un mauvais état général sont les trois situations associées à un risque accru de décès (odds ratio respectifs 12,7 ; 5,5 et 3,0).

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