Une nouvelle arme contre la grippe?
Pour cette année l'épidémie de grippe est désormais derrière nous, mais la découverte faite par des chercheurs français pourra éventuellement servir pour l'an prochain si elle est confirmée chez l'homme...
L'idée de départ était d'élucider les mécanismes responsables de l'inflammation exagérée des poumons que l'on constate dans les cas les plus graves de grippe. Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé des souris infectées par les virus grippaux et ils ont constaté un afflux massif de plaquettes agrégées et activées, ce qui suggérait l'existence d'un recrutement massif de ce type de cellules sanguines en cas d'infections pulmonaires sévères.
Le lien entre l'activation plaquettaire dans les poumons et la sévérité de l'inflammation a été démontré dans un deuxième temps. Ainsi, en renforçant l'activation des plaquettes, les chercheurs ont observé une augmentation de la mortalité et inversement, ils ont constaté un certain degré de protection chez les souris ayant un défaut de fonction plaquettaire.
Forts de ces données, les chercheurs ont alors testé l'impact de 4 molécules antiplaquettaires (dont 2 sur le marché) sur l'inflammation engendrée par 3 souches différentes de virus de la grippe. Il s'agissait de souches humaines modifiées de façon à ce qu'elles entraînent des grippes sévères et de fortes pneumonies chez les souris. Alors que les souris recevaient une dose semi-létale de ces souches, l'administration locale ou par voie aérienne d'antiplaquettaires a assuré une survie avoisinant 100%. Globalement, les résultats de ces travaux montrent que les antiplaquettaires ont une activité anti-inflammatoire et pourraient dès lors être utilisés pour développer des traitements efficaces lors des infections sévères à influenza. Reste maintenant à montrer que ces résultats sur modèles animaux sont transposables à l'espèce humaine.