Énurésie primaire et symptômes de TDAH
Une étude menée par l'université de Taïwan montre que les enfants qui ont une énurésie primaire et un trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), présentent un risque plus élevé de présenter des symptômes du bas appareil urinaire pendant la journée. Leurs taux de réponse à la desmopressine comme traitement de l'énurésie sont comparables à ceux des patients sans TDAH.
Ces conclusions sont issues d'une étude destinée à évaluer l'efficacité de l'utilisation de desmopressine dans le traitement de l'énurésie primaire chez des enfants qui ont une énurésie primaire et un trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).
A cet effet, un total de 68 patients âgés de 5 à 12 ans consultant un service d'urologie pédiatrique avec comme principal problème une énurésie primaire, traités avec la desmopressine,ont été inclus. La présence d'un TDAH a été évaluée par l'intermédiaire d'un questionnaire SNAP-IV complété par les parents (valeur limite: percentile 90). Les symptômes de vidange vésicale ont été évalués par le questionnaire DVSS (Dysfunctional Voiding Scoring System). Les réponses à la desmopressine ont été analysées chez les enfants qui présentaient ou ne présentaient pas de symptômes de troubles de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).
Parmi les 68 enfants que comportait l'échantillon, 27 (39,7 %) présentaient des symptômes de TDAH et 41 (60,3 %) n'en présentaient pas. Cette prévalence élevée de symptômes de TDAH peut s'expliquer parce que les données de ces enfants ont été récoltées au sein d'un centre de référence tertiaire. Le score total DVSS les enfants présentant des symptômes de TDAH était significativement plus élevé par rapport à l'autre groupe (7,72 contre 5,65 ; p=0,05). Dans le groupe d'enfants qui présentaient des symptômes de TDAH, on observe des scores significativement plus élevés au niveau des sous-scores correspondant à une augmentation de la fréquence urinaire diurne et à l'urgence. On observe également dans ce groupe une plus faible qualité de sommeil, évaluée sur base du questionnaire de qualité de sommeil pédiatrique ainsi qu'un taux le débit de pointe et un volume de vidange significativement plus faible. La réponse à un traitement par la desmopressine pour l'énurésie était comparable dans les deux groupes d'enfants.