Un peu d'embonpoint pourrait protéger de la démence
En suggérant que la maigreur augmente les risques de souffrir de troubles cognitifs plus tard dans la vie, cette étude britannique va à l'encontre de plusieurs autres recherches menées ces dix dernières années ayant établi un lien entre le surpoids et la survenue de démences séniles (dont Alzheimer).
Les scientifiques ont épluché les dossiers médicaux de près de 2 millions de Britanniques d'âge moyen (âge médian de 55 ans au début de l'étude) et ayant un indice de masse corporelle (IMC) moyen de 26,5 kg/m2. Un suivi d'une vingtaine d'années a permis d'identifier chez 45.507 patients un diagnostic de démence, soit une incidence de 2,32%.
En comparant les données et en ajustant les résultats pour tenir compte d'autres facteurs de risques de démence (consommation d'alcool, tabagisme, antécédents de crise cardiaque, d'AVC ou de diabète,...), les chercheurs ont observé que les personnes de 40 à 55 ans considérées comme maigres (IMC inférieur à 20) ont un risque accru de 34% de présenter des démences plus tard dans leur vie, par rapport à celles affichant un poids normal (IMC entre 20 et 25).
A l'inverse, et c'est encore plus étonnant, les personnes atteintes d'obésité morbide (IMC supérieur à 40) affichent un risque de démence diminué de 29% par rapport à celles de poids normal.
Le Dr Nawab Qizilbash, l'épidémiologiste qui a coordonné l'étude, avoue qu'il est incapable, à ce stade, d'expliquer ces résultats. Cette étude ne constitue dès lors sûrement pas le fin mot de l'histoire.